Le nouveau Roi et ses Triboulet claironnent 300 maires ralliés, comme on brandit une victoire au sortir d’une bataille qu’on n’a pas menée. L’annonce est théâtrale ; l’arithmétique, elle, est cruelle. Sur l’ensemble du fichier électoral, ce chiffre ne représente même pas 35%. Autrement dit, les 2/3 du territoire échappent encore à ce faux ralliement devenu un élément de langage d’une platitude navrante. Incapable de faire gagner à Ndiaganiao, le voici soudain drapé en grand architecte de la stratégie électorale nationale. L’échec, visiblement, est le meilleur des diplômes.
Regardons maintenant la nature de cette conquête sisyphéenne. La quasi-totalité de ces communes « ralliées » sont rurales, comptant en moyenne moins de 500 habitants, 50 ménages. Ce ne sont pas des bastions politiques, ce sont des hameaux administratifs. Multiplier les drapeaux plantés sur un territoire aussi peu peuplé donne l’illusion du nombre, pas la réalité du poids électoral.
Pire encore, la contradiction est presque comique : ces maires ruraux, présentés en creux comme les nouveaux visages du pouvoir, occupent leurs fauteuils depuis des décennies, des vestiges de l’histoire. Le pays attendait une jeunesse politique ; on lui sert des reliques recyclées sous une nouvelle bannière. Le paroxysme du ridicule !
Le Peuple doit reconnaître le visage de ces gens. On va publier leur nom et la durée de leur mandat pour montrer aux Sénégalais la nouvelle doctrine de promotion de l’incompétence. Car à défaut d’être rigoureux, un Président devrait au moins s’interdire de faire sans réfléchir, sous peine de perdre définitivement le nord.



