Les zones de pêche au Sénégal font face à des conflits d’une complexité croissante, influencés par divers facteurs socio-économiques, environnementaux et réglementaires. Bien que les eaux sénégalaises regorgent de poissons, leur surexploitation met en péril les ressources halieutiques. La pêche intensive, pratiquée tant par des navires industriels étrangers que par des pêcheurs locaux, a entraîné une diminution des stocks de poissons, exacerbant la concurrence entre les différents acteurs. Les pêcheurs artisanaux, qui recourent à des méthodes de pêche plus respectueuses de l’environnement, se trouvent de plus en plus menacés par les grandes entreprises de pêche industrielle. Ces dernières, souvent de provenance étrangère, utilisent des techniques de pêche intensives comme le chalutage, contribuant ainsi à la dégradation de l’écosystème marin.
Réglementation et Organisation de l’Espace Maritime
Pour mieux gérer les ressources maritimes, le Code de la pêche maritime sénégalais, établi par la loi n°2015-18 du 13 juillet 2015, définit des zones de pêche spécifiques en fonction des types de licences et d’options disponibles. Tout navire souhaitant pêcher dans les eaux sénégalaises doit se conformer à ces régulations en obtenant une licence appropriée. Les zones de pêche sont délimitées par des points de référence issus de levés hydrographiques, et le ministre de la Pêche a le pouvoir de fermer certaines zones si nécessaire.
Malgré ces mesures, des tensions persistent entre pêcheurs artisanaux et industriels, notamment lorsque des navires industriels entrent en collision avec des pirogues ou endommagent leurs filets.
Zones de Pêche et Licences
L’espace maritime sénégalais s’étend sur 200 miles, subdivisé en différentes zones de pêche, y compris des zones interdites. Quatre catégories de licences de pêche industrielle sont délivrées, chacune avec des options spécifiques dictant les espèces ciblées. Par exemple, des licences sont dédiées à la pêche démersale ou pélagique, chacune avec ses propres conditions d’exploitation.
Il est important de noter que, pour des raisons de sécurité, les opérations de pêche sont interdites dans la zone entourant le Port autonome de Dakar, en raison des câbles sous-marins présents dans cette zone à haut risque.
Pêche Artisanale : Une Liberté Encadrée
La réglementation ne précise pas de zone de pêche fixe pour la pêche artisanale, mais certaines zones protégées, telles que les Zones de Pêche Protégées (ZPP), sont interdites aux pirogues. Bien qu’on pense parfois que la pêche artisanale doit se limiter à 8 ou 12 miles, cette notion n’est pas fondée juridiquement. Les pirogues peuvent donc opérer au-delà de ces limites, tant que leur sécurité le permet. Toutefois, pour éviter les conflits avec des navires industriels, il est recommandé que les pirogues soient équipées de réflecteurs permettant leur détection par radar.
Les Défis de la Pêche Artisanale en Haute Mer
Sans un équipement adéquat, de nombreuses pirogues restent invisibles aux radars des navires, les exposant à des accidents graves. Il est conseillé aux pêcheurs d’installer des dispositifs de signalisation pour éviter ces incidents. Bien que les pirogues puissent opérer librement en haute mer, l’absence de délimitations claires engendre souvent des malentendus avec les grands navires.
Zones de Conflit et Réglementation Maritime
Les eaux maritimes sénégalaises incluent également des zones de conflit historique, notamment avec la Guinée-Bissau, en raison de l’exploitation pétrolière. Les deux pays ont convenu d’une gestion partagée de certaines zones de pêche, mais des différends persistent, notamment en ce qui concerne les ressources naturelles.
La complexité de la pêche au Sénégal souligne la nécessité d’une régulation plus stricte et d’une sensibilisation accrue des acteurs concernés. La collaboration entre les pêcheurs artisanaux et industriels, ainsi qu’une meilleure compréhension des réglementations en place, sont essentielles pour préserver les ressources maritimes et garantir un avenir durable pour tous.



