Alors que l’insécurité et la méfiance s’intensifient au Burkina Faso, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a publié un communiqué dans lequel il exprime sa satisfaction face aux nombreuses dénonciations de présumés comploteurs. Ces signalements, selon lui, ont permis à ses services d’interpeller plusieurs individus soupçonnés de menacer le régime en place.
En l’espace d’un mois, du 4 septembre au 4 octobre, pas moins de 726 dénonciations ont été recueillies via des centres d’appel mis en place pour permettre aux citoyens qu’il appelle des « patriotes » de signaler des comportements suspects. Mahamadou Sana se félicite de cet engouement, qu’il présente comme un signe de la vigilance accrue de la population face aux menaces pesant sur la sécurité nationale.
Le ministre souligne également que ces dénonciations ont conduit à l’arrestation de 358 personnes, accusées d’« observations hostiles ou d’espionnage à caractère terroriste ». Il salue cette « coproduction de sécurité » entre les civils et les forces de l’ordre, tout en rappelant les numéros de téléphone gratuits mis à la disposition des Burkinabè pour signaler des activités suspectes.
Il y a trois semaines, Mahamadou Sana avait déjà suscité la controverse en publiant une liste d’une quinzaine de personnalités politiques et militaires accusées d’avoir fomenté un complot contre la junte au pouvoir à Ouagadougou. Ce climat de suspicion croissant semble désormais encouragé par une politique de surveillance active où la population est invitée à participer à la sécurisation du pays, alimentant ainsi une atmosphère de crainte et de paranoïa.



