Lorsqu’on a occupé de hautes fonctions dans l’État, rendre compte de sa gestion relève d’une exigence morale et démocratique. Le refus de répondre aux sollicitations des députés nourrit le doute, sans pour autant constituer une preuve de culpabilité. Les auditions parlementaires permettent aux représentants du peuple d’interroger les responsables sur l’utilisation des deniers publics. Elles ne se substituent pas à la justice, mais contribuent à éclairer les citoyens et à renforcer le contrôle dans le respect des procédures et des droits de chacun.
Daouda Ngom, ancien ministre et conseiller spécial de l’actuel président de l’Assemblée nationale, doit lui aussi répondre à la convocation de l’institution chargée de l’enquête parlementaire le concernant. Abdou Karim Fofana, également ancien ministre, a déjà répondu à sa convocation. Ces situations rappellent un principe essentiel : l’argent public appartient aux citoyens et sa gestion doit pouvoir être justifiée au vu et au su de tous.
Au-delà des noms, postures et des controverses, c’est la crédibilité de la gestion publique qui est en jeu. Avoir exercé de hautes responsabilités implique d’en assumer les exigences jusqu’au bout. L’autorité conférée par la République oblige ; elle ne dispense jamais de rendre compte au peuple, détenteur de la légitimité démocratique.
Insa Sagna
Citoyen et contribuable



