Alors que les combats au Liban font rage, avec des échanges de tirs et des affrontements terrestres de plus en plus intenses, les signes d’un cessez-le-feu imminent se multiplient en France et aux États-Unis. Le 25 novembre, l’Élysée a annoncé que les discussions sur un arrêt des hostilités avaient « avancé significativement », appelant Israël et le Hezbollah à saisir cette opportunité. Du côté américain, John Kirby, porte-parole de la Maison-Blanche, a également exprimé un optimisme prudent, indiquant que les négociations menées par l’envoyé spécial Amos Hochstein progressaient positivement.
Cependant, au Liban, la situation reste marquée par une grande prudence et une certaine méfiance envers le gouvernement israélien. Les négociateurs libanais, le Premier ministre Nagib Mikati et le président du Parlement Nabih Berry, se sont abstenus de tout commentaire officiel, bien que certains de leurs proches aient commencé à évoquer des avancées. Selon un député du bloc de Nabih Berry, Beyrouth aurait été informé que l’annonce du cessez-le-feu pourrait avoir lieu « dans les prochaines heures ». Une chaîne de télévision proche du parlementaire a même avancé que l’arrêt des hostilités serait officialisé « dans les 36 heures ».
Le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, a de son côté déclaré à la chaîne al-Mayadeen que le cessez-le-feu pourrait entrer en vigueur « dans les prochaines heures ou les prochains jours », tout en soulignant la prudence du Liban, en raison des expériences passées avec Benjamin Netanyahu.
Les signaux d’un cessez-le-feu imminent
Sur le terrain, les signaux en faveur d’un cessez-le-feu se multiplient. Du côté israélien, des réservistes récemment mobilisés à la frontière nord ont été renvoyés chez eux, suggérant une diminution de l’intensité militaire. Toutefois, la décision finale reste entre les mains de Benjamin Netanyahu, qui doit réunir ses ministres pour discuter de la suite des événements.
De part et d’autre de la frontière, Israël et le Hezbollah ont tout intérêt à arrêter les combats. Le Hezbollah a subi des pertes importantes, avec de nombreux chefs éliminés par les frappes israéliennes, tandis qu’Israël est confronté à une guerre sur plusieurs fronts, des réservistes épuisés et une défense anti-aérienne mise à rude épreuve par les milliers de roquettes tirées depuis le Liban. Depuis le début du conflit, 60 000 civils israéliens ont été déplacés, et environ 130 Israéliens ont perdu la vie.
Un cessez-le-feu avec conditions
Si un cessez-le-feu est signé, il débuterait par une trêve de 60 jours, au terme de laquelle Israël se retirerait du sud du Liban. Le Hezbollah, de son côté, se repositionnerait à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne. L’armée libanaise serait déployée dans cette zone tampon.
L’ONU, un acteur clé dans l’application de l’accord ?
Bien que l’ONU ne soit pas directement impliquée dans les négociations du cessez-le-feu, il est probable qu’elle joue un rôle dans la surveillance de son application si un accord est conclu. La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a exprimé sa « profonde inquiétude » concernant les attaques israéliennes contre l’armée libanaise. Pour que la Finul puisse assurer la mise en œuvre de l’accord, il serait nécessaire de modifier son mandat via le Conseil de sécurité de l’ONU, comme cela avait été fait en 2008, après la guerre de 2006. Une telle modification permettrait de renforcer les ressources de la Finul et, potentiellement, d’élargir ses missions, notamment en désarmant d’autres groupes armés. Toutefois, Israël étant généralement hostile à la présence de la Finul, une autre option pourrait être la création d’une nouvelle mission internationale, sous l’égide du Conseil de sécurité, pour garantir la sécurité dans la région.
Les négociations sont donc dans une phase décisive, et bien que les perspectives d’un cessez-le-feu se renforcent, la situation reste fragile et incertaine.



