Dans un rapport d’audit consacré à la gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le journal L’AS fait état de graves irrégularités présumées dans l’exécution du budget de l’institution sous la présidence d’Aminata Touré. Au cœur des révélations : des dépenses de communication de plus de 157 millions de FCFA, dont auraient bénéficié plusieurs organes de presse, ainsi que des fonds dont la destination reste, selon les auditeurs, inconnue.
La gestion du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sous Aminata Touré est au centre de révélations rapportées par le journal L’AS. Selon la publication, les vérificateurs ont relevé plusieurs irrégularités dans l’élaboration et l’exécution du budget de l’institution, notamment des dépenses de communication destinées à promouvoir l’image de son ancienne présidente.
D’après les éléments rapportés par L’AS, un montant de 157 880 590 FCFA aurait été consacré à la communication et à l’image d’Aminata Touré. La note d’audit évoque notamment la signature et le paiement de contrats de communication sans intérêt ni contrepartie pour le CESE.
Plusieurs organes de presse, dont des sites d’information en ligne, auraient bénéficié de ces fonds. Le journal L’AS précise toutefois ne pas figurer parmi les médias concernés.
Des irrégularités relevées dans l’exécution du budget
Au-delà des dépenses de communication, les auditeurs auraient constaté des manquements aux règles encadrant la gestion des finances publiques. Le rapport évoque notamment une exécution budgétaire en marge des lois et règlements, des fonds affectés à des destinations non identifiées ainsi que des violations présumées des procédures de passation et d’exécution des marchés publics.
Selon les informations publiées par L’AS, plusieurs rubriques budgétaires auraient concentré des montants importants dont l’utilisation soulève des interrogations.
Le « Fonds d’intervention sociale » aurait ainsi absorbé 1,02 milliard de FCFA, tandis que les rubriques « Œuvres sociales » et « Aides et secours » auraient enregistré respectivement 642 205 510 FCFA et 474 343 309 FCFA.
Les vérificateurs auraient également relevé la création de sous-comptes qui ne seraient pas prévus par le plan comptable de l’État, notamment pour les œuvres sociales et les aides et secours.
Des paiements sans contrepartie ?
Dans ses conclusions rapportées par L’AS, le document d’audit met en cause des ordres de paiement qui auraient été donnés à l’agent comptable sans justification suffisante de l’exécution des prestations correspondantes.
Ces constats soulèvent des questions sur la régularité de certaines dépenses engagées sous la responsabilité de l’ancienne présidente du CESE. Leur portée définitive dépend toutefois des conclusions officielles du rapport et des éventuelles réponses apportées aux observations des auditeurs.
Aminata Touré face à ses exigences de transparence
Ces révélations interviennent dans un contexte où Aminata Touré s’est notamment illustrée par ses positions sur la reddition des comptes et la lutte contre les irrégularités dans la gestion des deniers publics.
Elles pourraient ainsi alimenter le débat sur la cohérence entre les exigences de transparence défendues par l’ancienne Première ministre et les constats rapportés concernant sa gestion du CESE.
Selon L’AS, une réaction d’Aminata Touré a été sollicitée par message, mais aucune réponse n’avait été obtenue au moment de la publication de l’article.
En attendant d’éventuelles clarifications de sa part et la mise à disposition des conclusions officielles détaillées, ces révélations appellent à la transparence sur l’utilisation des ressources publiques et sur les responsabilités éventuelles des personnes concernées.



