L’autorité de régulation des médias du Burkina Faso a décidé de suspendre la radio américaine Voice of America (VOA) pour une durée de trois mois. Cette décision intervient après la diffusion de commentaires jugés de nature à saper le moral des forces engagées dans la lutte contre le jihadisme. L’annonce a été faite ce mercredi par le média, qui a cité des sources au sein de l’autorité.
« Conformément à cette décision, nous avons éteint notre émetteur FM à Ouagadougou », a déclaré Nigel Gibbs, porte-parole de VOA, dans une interview transmise à l’AFP.
La suspension fait suite à des propos tenus par un journaliste lors d’une émission, qui avait qualifié une attaque jihadiste survenue le 17 septembre à Bamako (Mali) de « courageuse ». Le journaliste avait également affirmé que « rien n’est fait au plan sécuritaire par les forces combattantes » du Burkina Faso. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a qualifié ces déclarations de « graves manquements » susceptibles de démoraliser les forces en lutte contre les groupes jihadistes.
Parallèlement, des médias locaux ont rapporté que VOA a également été condamnée à une amende de 25 millions de francs CFA, soit environ 38 100 euros.
Dans une réponse à cette décision, Nigel Gibbs a affirmé que, bien que VOA s’efforce de respecter le cadre réglementaire en vigueur, il conteste les affirmations du CSC. Il a insisté sur le fait que la radio n’a jamais « cautionné ou justifié le terrorisme ». Selon Gibbs, les commentaires diffusés lors de l’émission « Washington Forum » font partie d’une discussion ouverte visant à informer le public sur des questions de sécurité essentielles dans la région.
La suspension de VOA s’ajoute à une série d’interdictions frappant des médias internationaux, principalement français, depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré il y a deux ans. Ce dernier a fait de la souveraineté nationale une de ses priorités, adoptant souvent un discours critique à l’égard des puissances occidentales.
De plus, le CSC a récemment annoncé la suspension de la diffusion automatique de contenus internationaux sur les médias audiovisuels locaux, invoquant la « diffusion récurrente d’informations de nature malveillante et tendancieuse » lors de ces retransmissions.



