Il y a huit ans, le Sénégal perdait Bruno Diatta, figure emblématique du protocole présidentiel. Pendant près de quatre décennies, il a servi au plus haut niveau de l’État sous quatre présidents : Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade et Macky Sall.
Né le 22 octobre 1948 à Saint-Louis, Bruno Diatta est issu d’une famille attachée au service de l’État. Son père, Édouard Diatta, originaire du sud du Sénégal, fut notamment ministre avant l’indépendance. Sa mère se nommait Clotilde Joséphine Marie d’Erneville.
Après avoir effectué ses études primaires à Saint-Louis, Bruno Diatta poursuit sa scolarité au lycée Van Vollenhoven de Dakar, aujourd’hui lycée Lamine Guèye. Il y obtient son baccalauréat littéraire avec la mention Bien.
Grâce à une bourse de l’État du Sénégal, il poursuit ensuite ses études en France à l’Institut d’études politiques de Toulouse. Diplômé, il regagne le Sénégal en 1976 et intègre l’École nationale d’administration (ENA), dans la section Diplomatie.
Deux ans plus tard, il sort major de sa promotion. Il rejoint alors le cabinet du ministre des Affaires étrangères, Assane Seck, en qualité de conseiller technique.
Une rencontre décisive avec Senghor
C’est au ministère des Affaires étrangères que son parcours prend une nouvelle dimension. Lors d’une visite, le président Léopold Sédar Senghor remarque les qualités professionnelles du jeune énarque et décide de le faire rejoindre le service du protocole présidentiel.
Bruno Diatta travaille d’abord aux côtés du chef du protocole, Cheikh Lèye. En 1979, lorsque ce dernier est nommé ambassadeur du Sénégal en République fédérale d’Allemagne, Bruno Diatta lui succède à la tête du protocole présidentiel.
Il entame alors une carrière exceptionnelle qui traversera plusieurs décennies de la vie politique sénégalaise.
Quatre présidents, un même engagement
De Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, Bruno Diatta restera le chef du protocole de quatre présidents de la République.
Les alternances politiques se succèdent, les régimes changent, mais lui demeure à son poste, incarnation d’une certaine continuité de l’État.
Sa réputation repose notamment sur son professionnalisme, sa discrétion, sa maîtrise du protocole et son attachement au secret professionnel. Une posture qui lui permet de traverser les différentes présidences sans jamais se départir de la réserve inhérente à sa fonction.
« Je suis une tombe, je vois tout et ne dis rien »
Bruno Diatta s’éteint le 21 septembre 2018, à l’âge de 69 ans.
Sa disparition marque la fin d’une longue page de l’histoire du protocole présidentiel sénégalais. Après près de quarante années passées au cœur de l’État, il laisse l’image d’un haut fonctionnaire dont la carrière aura été étroitement liée à la continuité du service public et aux institutions de la République.
Une phrase qui lui est souvent attribuée résume la conception qu’il avait de son métier :
« Je suis une tombe, je vois tout et ne dis rien. »
Huit ans après sa disparition, le nom de Bruno Diatta reste associé à une époque du Sénégal où la discrétion, la rigueur et la fidélité au service de l’État étaient au cœur de la fonction protocolaire.
Média 28













