Lors de sa visite en Angola, Joe Biden a qualifié le projet du « Couloir de Lobito » de « révolutionnaire », soulignant qu’il représente l’une des initiatives phares de son mandat en Afrique. Ce gigantesque axe ferroviaire et commercial, conçu pour relier les côtes est et ouest du continent, vise à faciliter l’exportation des minerais stratégiques de la République Démocratique du Congo (RDC) et de Zambie vers le port angolais de Lobito.
Biden a précisé que ce projet, qui respecte des « critères les plus élevés » en matière de conditions de travail, d’environnement et de bénéfices pour les communautés locales, reflétait la volonté des États-Unis de mener des investissements responsables en Afrique. « La manière dont nous investissons est aussi importante que les sommes investies », a-t-il déclaré.
Ce voyage officiel, réalisé à la veille de son départ de la Maison Blanche le 20 janvier prochain, constitue un moment clé de sa politique africaine. Bien que Biden ait été apparu fatigué lors de sa rencontre avec les dirigeants de plusieurs pays concernés par le projet – Angola, Zambie, RDC et Tanzanie –, il n’a pas manqué d’évoquer l’impact potentiel de ce corridor. « Imaginez l’impact pour la technologie, l’énergie verte, l’agriculture, la sécurité alimentaire », a-t-il ajouté, annonçant un investissement supplémentaire de 600 millions de dollars.
Le « Couloir de Lobito », un projet soutenu également par l’Europe, vise à réduire considérablement le temps de transport des minerais de la RDC et de Zambie, passant de 45 jours par route à seulement 40 à 50 heures par train. Ce chantier pourrait transformer l’économie régionale, en facilitant l’exportation et en contribuant au développement des infrastructures.
Lors de sa visite, Biden a plaisanté en disant qu’il reviendrait « pour prendre ce train », soulignant son engagement pour le transport ferroviaire. Les présidents angolais Joao Lourenço, zambien Hakainde Hichilema et congolais Félix Tshisekedi ont tous salué ce projet d’infrastructure, considéré comme une étape cruciale pour leurs pays.
Les États-Unis, en lançant ce projet, cherchent à renforcer leurs liens économiques avec l’Afrique, un continent où la Chine domine déjà le secteur minier. Biden a fait valoir que pour rivaliser avec Pékin, il était essentiel de soutenir des initiatives comme le « Couloir de Lobito », tout en rappelant que la coopération avec la Chine, notamment sur les ressources minières, reste inévitable. Le projet de Biden s’inscrit dans une stratégie plus large visant à garantir un approvisionnement stable en matières premières pour les États-Unis, en particulier pour le secteur technologique et la transition énergétique.
Alors que la Chine a déjà investi massivement en Afrique, notamment dans le secteur minier, les États-Unis cherchent à proposer des alternatives plus ciblées, respectueuses des intérêts des pays africains, tout en évitant les lourdes créances imposées par Pékin.



