Lors de la séance de questions d’actualité tenue ce vendredi 22 mai 2026 à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu avec vigueur la politique budgétaire du Gouvernement face aux critiques de l’opposition concernant l’évolution de la dette publique depuis l’arrivée du nouveau régime.
Devant les députés, le ministre a présenté un état des lieux qu’il juge préoccupant des finances publiques héritées des précédentes autorités. Selon lui, l’encours global de la dette publique du Sénégal avoisine actuellement les 24 000 milliards de FCFA.
Cheikh Diba a précisé que la dette de l’État central représente environ 119 % du Produit intérieur brut (PIB), un ratio qui atteint près de 132 % du PIB lorsqu’on y ajoute les engagements des établissements publics. Malgré ce niveau élevé d’endettement, il a assuré que des réformes structurelles sont déjà engagées afin de stabiliser les finances publiques et réduire progressivement la pression sur le budget de l’État.
Le ministre a rejeté les accusations faisant état d’une aggravation de la dette sous le nouveau régime, soutenant au contraire que le Gouvernement mène une gestion rigoureuse pour assainir progressivement la situation financière du pays.
Dans cette dynamique, Cheikh Diba a expliqué que l’exécutif privilégie désormais des financements concessionnels afin de limiter le recours aux emprunts commerciaux jugés plus coûteux. L’objectif, selon lui, est de réaligner le déficit budgétaire sur des ressources de financement plus soutenables.
Le ministre a également rappelé l’ampleur des charges liées au remboursement de la dette accumulée au fil des années. Il a indiqué que plus de 4 300 milliards de FCFA devront être remboursés cette année au titre du service de la dette.
Répondant aux critiques sur un supposé recours massif à de nouveaux emprunts depuis l’alternance politique, Cheikh Diba a opposé un démenti catégorique. Il a mis en avant la stratégie de reprofilage engagée par le Gouvernement pour alléger durablement le poids de la dette.
Cette approche consiste notamment à remplacer des emprunts à court terme par des financements à plus longue échéance et à coûts réduits. Selon le ministre, cette ingénierie financière doit permettre au Sénégal de retrouver progressivement des marges de manœuvre budgétaires tout en respectant ses engagements internationaux.


