Après plus d’un an de tensions, l’Algérie et le Mali semblent amorcer un rapprochement. Une évolution qui intervient alors qu’Alger entend renforcer son influence dans la région sahélo-saharienne, notamment à travers ses capacités militaires et ses ressources pétrolières.
Invité sur RFI Afrique, l’historien Pierre Vermeren, professeur à la Sorbonne, analyse cette nouvelle dynamique entre les deux pays. Selon lui, Alger cherche à étendre son influence au Sahel en s’appuyant notamment sur « sa force militaire et son capital pétrole ».
La crise diplomatique entre l’Algérie et le Mali avait éclaté en 2025, après la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne. Après quinze mois de tensions, les signes d’apaisement se multiplient. Le 10 juillet dernier, les deux pays ont officialisé le retour de leurs ambassadeurs ainsi que la réouverture de leur espace aérien.
Le processus de rapprochement s’est poursuivi ce lundi 10 août, avec l’invitation du Premier ministre malien à Alger par son homologue algérien. Un geste qui traduit la volonté des deux États de renouer le dialogue malgré les différends persistants.
Les tensions avaient pourtant été ravivées en avril, après des attaques coordonnées contre plusieurs localités du nord du Mali et contre Bamako. En mai 2026, des informations relayées par Senego faisaient état de soupçons, non étayés par des preuves, de responsables maliens qui accusaient les renseignements militaires algériens d’être derrière ces attaques.
Malgré ce climat de méfiance, Alger et Bamako semblent désormais privilégier la voie diplomatique.
Pour Pierre Vermeren, ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large d’Alger visant à consolider sa présence dans la bande sahélo-saharienne. L’Algérie chercherait ainsi à projeter sa puissance « des frontières libyennes à la Mauritanie », en combinant influence militaire et poids énergétique.



