Quatre membres de la ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud depuis 1994, ont été tués mardi soir dans une fusillade à Katlehong, près de Johannesburg. Le drame survient à trois semaines des élections municipales, dans un contexte marqué par une hausse des assassinats à caractère politique.
Des militants abattus après des funérailles
Selon la police et le parti, le suspect a ouvert le feu sur plusieurs personnes qui venaient d’assister aux funérailles d’une représentante locale de l’ANC, tuée la semaine précédente.
Les faits se sont déroulés à Katlehong, au sud-est de Johannesburg. Après la fusillade, l’assaillant s’est rendu à la police. À ce stade, les motivations de son acte restent inconnues.
L’enquête a été confiée à l’unité spécialisée dans les assassinats politiques afin de déterminer les circonstances de cette attaque.
Les violences politiques inquiètent à l’approche du scrutin
La fusillade intervient alors que les assassinats à caractère politique se multiplient en Afrique du Sud. Selon l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (GI-TOC), 43 homicides politiquement motivés ont été recensés durant les neuf premiers mois de l’année.
Ce bilan dépasse déjà ceux enregistrés lors des précédentes années électorales, notamment en 2021 et en 2024, selon l’organisation.
Ces violences peuvent viser des candidats concurrents ou des rivaux au sein d’un même parti. Certains assassinats seraient liés à la volonté d’écarter un adversaire pour obtenir des fonctions politiques locales, notamment un poste de conseiller municipal.
L’ANC sous pression avant les élections
Dans un communiqué, la ligue de jeunesse de l’ANC a confirmé la mort de ses quatre membres. Elle a également précisé, selon ses informations, que le suspect n’appartenait ni à l’ANC ni à sa branche jeunesse, l’ANCYL.
Fondé dans le cadre de la lutte contre l’apartheid, l’ANC dirige l’Afrique du Sud depuis les premières élections multiraciales de 1994. Toutefois, le parti fait face à des critiques liées à la gouvernance et à plusieurs scandales de corruption.
Lors des élections générales de 2024, il a perdu sa majorité absolue, l’obligeant à former un gouvernement de coalition.
À l’approche des municipales, cette nouvelle fusillade ravive les inquiétudes concernant la sécurité des acteurs politiques et les risques de violences pendant la campagne électorale.



