L’idée d’un autre débat entre Kamala Harris et Donald Trump est définitivement écartée. L’ancien président républicain a rejeté cette proposition jeudi, alors que tous deux poursuivent leur campagne dans des États clés en vue de l’élection présidentielle de 2024.
Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a déclaré sans équivoque : « Il n’y aura pas de troisième débat », ajoutant son échange télévisé de juin face à Joe Biden et celui de mardi avec la vice-présidente Harris à sa liste de confrontations.
Kamala Harris insiste pour un second débat
En Caroline du Nord, un État où elle compte sur le soutien des Afro-Américains et des jeunes électeurs, Kamala Harris a défendu la nécessité d’un autre débat. « Les électeurs méritent un second débat », a affirmé la candidate démocrate de 59 ans.
Lors du débat de mardi, largement considéré comme favorable à Harris, elle a cherché à toucher des points sensibles pour Trump, évoquant son égo, les désertions de ses alliés politiques et sa réputation sur la scène internationale. Malgré cela, Trump a maintenu qu’il avait « gagné » le débat tout en critiquant l’impartialité des journalistes qui l’ont modéré.
Une campagne axée sur l’avenir
Kamala Harris tente de capitaliser sur son élan, affirmant en Caroline du Nord que « l’Amérique est prête pour un nouveau chemin et une nouvelle génération de dirigeants ». Tout au long de sa campagne, Harris met l’accent sur le désir de « tourner la page » Trump, un message répété dans ses interventions disciplinées et modérées.
Les propos polémiques de Trump et les risques de désinformation
Jeudi, lors d’un meeting en Arizona, Donald Trump a réitéré des affirmations fausses et racistes sur des migrants haïtiens, accusés sans preuve de voler et de manger des animaux domestiques dans une petite ville de l’Ohio. Il a également mentionné d’autres accusations sans fondement, affirmant que certains migrants s’en prendraient à des « oies » ou « violeraient des jeunes filles américaines ».
La Maison-Blanche a réagi rapidement. La porte-parole Karine Jean-Pierre a condamné ces théories complotistes « immondes », soulignant qu’elles mettaient des vies en danger. Ces propos ont eu des répercussions directes, notamment une alerte à la bombe dans la ville de Springfield, Ohio, qui a nécessité l’évacuation de la mairie.
Une élection potentiellement serrée et contestée
La campagne de 2024 pourrait se décider dans un petit nombre de comtés stratégiques de six ou sept États pivots, comme lors des élections précédentes. Le système de suffrage indirect aux États-Unis accentue cette incertitude. Les autorités fédérales ont déjà annoncé un renforcement des mesures de sécurité pour la certification du résultat, prévue le 6 janvier 2025, craignant des troubles similaires à ceux du 6 janvier 2021, où des partisans de Trump avaient attaqué le Capitole.
Trump, de son côté, a refusé de s’engager à reconnaître une éventuelle défaite, alimentant les inquiétudes d’une contestation violente.
L’impact des débats encore incertain
Avec plus de 67 millions de téléspectateurs ayant suivi l’échange de mardi, la question reste ouverte sur son influence. Selon Kyle Kondik, politologue à l’université de Virginie, l’impact de ces débats pourrait s’estomper rapidement. « La mémoire des électeurs est courte », souligne-t-il, laissant entendre que d’ici l’élection, d’autres événements pourraient détourner l’attention.
Kamala Harris prévoit d’intensifier ses contacts avec la presse locale et se rendra vendredi en Pennsylvanie. De son côté, Donald Trump continuera sa campagne dans le Nevada après une conférence de presse.
Les sondages actuels montrent que la majorité des électeurs ont déjà fait leur choix, les deux camps étant presque à égalité dans les intentions de vote.



