Cette semaine, une nouvelle tragédie a frappé le Nigeria, déjà affligé par des problèmes de sécurité persistants. Vingt étudiants en médecine, en route pour une convention médicale, ont été enlevés dans l’est du pays, révélant une fois de plus l’ampleur du fléau des enlèvements contre rançon qui touche la nation.
Selon les sources policières et universitaires, le kidnapping a eu lieu le 15 août vers 17 heures, alors que les étudiants se dirigeaient vers Enugu pour leur convention annuelle. La Fédération catholique des étudiants en médecine et dentaire nigériane (Fecamds) a confirmé l’incident dans un communiqué publié samedi, soulignant qu’elle travaille en étroite collaboration avec les familles des victimes pour assurer leur retour en toute sécurité.
Catherine Anene, chargée des relations publiques de la police de l’État de Benue, a évoqué l’enlèvement vendredi. Les victimes comprenaient huit étudiants de l’université de Maiduguri, qui avaient rejoint leurs collègues à l’université de Jos avant de poursuivre leur voyage vers Enugu. Ils ont été enlevés près d’Otukpo, une ville régulièrement ciblée par les groupes criminels.
L’Association nigériane des étudiants en médecine (Nimsa) a appelé à « calme » et a affirmé que la situation était « sous contrôle » via un message sur le réseau social X. Fortune Olaye, secrétaire général de l’organisation, a confirmé à l’AFP que les ravisseurs réclament une rançon pour la libération des étudiants et d’un médecin également pris en otage.
Ce drame survient dans un contexte où le Nigeria est en proie à une recrudescence alarmante des enlèvements. La grave crise économique actuelle exacerbe la situation, poussant de plus en plus de Nigérians vers des activités criminelles. Selon le cabinet de conseil SBM Intelligence, 4 777 enlèvements ont été enregistrés entre mai 2023 et janvier 2024. De plus, l’ONG Save the Children rapporte que plus de 1 680 élèves ont été enlevés dans les écoles nigérianes entre fin 2022 et début 2024.
Malgré l’adoption en 2022 d’une loi interdisant le paiement des rançons, de nombreuses familles se trouvent dans une situation désespérée, souvent contraintes de céder aux exigences des ravisseurs par manque de confiance dans les autorités.
Ce nouvel enlèvement illustre tragiquement l’ampleur du défi auquel le Nigeria est confronté pour restaurer la sécurité et protéger ses citoyens.



