Au Tchad, l’afflux de réfugiés soudanais en provenance de la crise ne cesse de croître. La ville d’Adré, située à l’est du pays et comptant environ 40 000 habitants, héberge maintenant plus de 175 000 Soudanais. Les agences de l’ONU s’efforcent de les relocaliser vers des camps de réfugiés construits en périphérie de la ville, malgré des fonds insuffisants.
C’est à Dogui, situé à environ 100 km d’Abéché, que le nouveau site des réfugiés est en cours de construction. Capable d’accueillir environ 50 000 personnes, ce site abritera des réfugiés venant d’Adré et du site d’Ambélia. Le sol est jonché de matériaux de construction et les charpentiers sont à l’œuvre. Abakar Adoum supervise la construction des forages : « Nous avons foré à une profondeur de 54 mètres. Les tests de débit indiquent une production de 16m³ par heure. Pour 2 000 personnes, nous avons besoin de 150m³. Nous prévoyons de construire 4 forages. »
L’objectif de cette relocalisation est d’offrir aux réfugiés des conditions de vie décentes. « En moyenne, 1 000 personnes arrivent chaque jour. Cet endroit se remplit rapidement et les déplacés vivent dans des conditions très précaires. Si nous ne nous dépêchons pas, nous risquons de nous retrouver dans une situation catastrophique, avec des risques de choléra et d’autres problèmes graves », s’inquiète Benoit Kayembé, le chef de bureau du HCR à Adré.
« Les autres resteront à Adré sous la pluie »
Hassan Mahamat, arrivé d’El-Geneina au Darfour il y a un an, est responsable de la liste des réfugiés destinés à s’installer à Dogui : « Nous avons déjà enregistré presque une cinquantaine de ménages. Le problème, c’est qu’il y a trop d’insécurité ici et les gens ont vraiment faim, cela dure depuis presque deux mois, explique-t-il. Avant-hier encore, nous avons eu 184 nouveaux arrivants à enregistrer. »
Depuis le début de la crise soudanaise il y a un an, le Tchad a accueilli près de 600 000 réfugiés. Ce drame humanitaire devrait concerner tout le monde, insiste Laura Lo Castro, représentante du HCR au Tchad : « Aujourd’hui, nous pouvons accueillir seulement 2 000 familles, soit environ 10 000 personnes. La capacité totale du camp est de 50 000 personnes. Si vous calculez pour les 8 000 maisons restantes, cela représente environ 7 millions de dollars, détaille Mme Lo Castro. Nous avons besoin de plus de ressources pour accélérer la construction du site. Malheureusement, nous ne pourrons accueillir qu’une partie des déplacés, les autres resteront à Adré, sous la pluie », regrette la représentante du HCR.
Alors que les autorités tchadiennes plaident pour un soutien accru de la communauté internationale, l’afflux de réfugiés continue à l’est du pays.



