À quelques semaines de ses 70 ans, l’Union pour la solidarité et l’entraide (Use) entend célébrer sept décennies d’engagement social et de développement communautaire. Créée en 1955, l’organisation a progressivement étendu ses activités à travers le Sénégal. Aujourd’hui, elle mise sur ses ressources propres et l’innovation pour préserver son indépendance et poursuivre ses missions.
Fondée sous le nom de Service œcuménique d’entraide (Soe), avec l’appui de l’organisation française La Cimade, l’Use s’est imposée au fil des années comme un acteur important du développement social au Sénégal.
Son président, Mamadou Diop, revendique une organisation forte de plus de 20 000 membres, répartis dans les différentes régions du pays et au sein de la diaspora. Présente dans 20 départements, l’association s’appuie sur un réseau de bureaux locaux. Certaines zones historiques affichent des effectifs importants, notamment Podor avec près de 3 000 adhérents et Matam avec 1 500.
À l’approche de cet anniversaire, prévu le 11 décembre prochain, l’organisation prépare également son assemblée générale de renouvellement, annoncée pour le 13 décembre. Pour Mamadou Diop, cette célébration doit permettre de revenir sur le chemin parcouru, de présenter les réalisations actuelles et de partager les ambitions de l’Use pour les prochaines années.
De Dakar aux zones rurales, une évolution progressive
L’histoire de l’Use commence en 1955 dans le quartier de Bopp, à Dakar. À ses débuts, l’organisation intervient principalement dans la lutte contre les épidémies et l’accompagnement des femmes et des travailleurs migrants.
Ses premières actions reposent notamment sur des formations en hygiène, en arts ménagers et en techniques culinaires.
Trois ans plus tard, ses activités évoluent vers le domaine médical. L’organisation développe la formation des infirmiers et des médecins, tout en participant aux premières interventions contre la cataracte.
Le Centre Ahmadou Malick Gaye devient ensuite un espace d’éducation et d’insertion professionnelle. En 1968, dans un contexte de fortes tensions sociales, des cours de rattrapage et des formations sont proposés aux jeunes déscolarisés. L’imprimerie, la sérigraphie, la couture et la céramique figurent parmi les métiers enseignés.
Un nouveau tournant intervient en 1972, après la grande sécheresse. À la suite d’un appel du président Léopold Sédar Senghor, l’Use étend ses interventions dans le Triangle de la sécheresse, notamment à Podor, Matam et Linguère, ainsi que dans le bassin arachidier.
Les actions d’urgence, notamment la distribution de vivres, évoluent progressivement vers des programmes de développement rural. L’agriculture, l’élevage, l’alphabétisation et la création de cases de santé deviennent alors des axes majeurs de son intervention.
L’autofinancement comme choix stratégique
Face à la diminution des financements internationaux destinés aux organisations humanitaires et sociales, l’Use a fait le choix de renforcer son autonomie financière.
Cette orientation repose sur le principe du « Bamtaaré », qui encourage les communautés à compter d’abord sur leurs propres forces.
Selon Mamadou Diop, depuis 2010, le programme de base de l’organisation est entièrement financé par ses ressources propres. Ses cinq programmes majeurs et ses différentes instances fonctionnent ainsi sans dépendre directement des financements extérieurs.
Pour assurer cette indépendance, l’Use s’appuie sur plusieurs sources de revenus. Il s’agit notamment des infrastructures du Centre Ahmadou Malick Gaye, des cotisations de ses membres et des prestations de services.
Cette stratégie permet à l’organisation de préserver sa liberté d’action et de maintenir ses interventions sur le terrain.
Migration et cohésion sociale parmi les priorités
Au-delà de ses activités historiques, l’Use intervient également sur plusieurs enjeux sociaux et communautaires.
Son secrétaire général, Oumar Kane, souligne notamment son engagement dans la lutte contre l’émigration irrégulière à travers le Réseau migration et développement (Remidev).
L’organisation participe aussi aux initiatives visant à renforcer la cohésion sociale entre le Sénégal et la Mauritanie. Cet engagement se traduit notamment par le Projet de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal (PRDC-VFS).
À travers ces différentes actions, l’Use entend consolider les relations entre les deux populations et contribuer à un développement communautaire durable.
Après sept décennies d’existence, l’organisation veut ainsi inscrire son action dans la continuité, tout en adaptant ses méthodes aux nouveaux défis sociaux et économiques. Son pari : poursuivre son engagement en s’appuyant davantage sur ses propres capacités.



