Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a défendu la démarche du gouvernement dans le débat sur la sincérité budgétaire autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026. Face aux critiques du député Amadou Ba, il a contesté les arguments avancés par les parlementaires et justifié le recours à une loi de finances rectificative pour ajuster les prévisions budgétaires.
Pour étayer sa position, le ministre a rappelé l’exercice 2025, marqué par la présentation de deux lois de finances rectificatives, dont une seconde en décembre, quelques jours avant la clôture de l’année. Selon lui, ces ajustements permettent de corriger les écarts entre les prévisions et les réalisations.
« Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan que je dirige n’a aucun problème à discuter avec vous chaque fois que nous nous écartons des prévisions retenues d’un commun accord », a-t-il déclaré.
S’appuyant sur l’article 47 de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF), Cheikh Diba a également défendu les mécanismes de contrôle et de régularisation de l’exécution budgétaire. Il estime que la sincérité budgétaire ne peut être appréciée uniquement à travers les prévisions initiales.
Des recettes attendues bien en dessous des prévisions
Sur la question des recettes, le ministre a reconnu que les objectifs fixés dans le cadre du plan de relance économique et sociale ne seraient pas atteints.
Le gouvernement tablait initialement sur 762 milliards de FCFA provenant des nouvelles taxes. Toutefois, les recouvrements enregistrés à la fin du mois de septembre s’élevaient à 173,3 milliards de FCFA.
Cheikh Diba a ainsi revu les projections à la baisse. Selon lui, les recettes pourraient atteindre 311 milliards de FCFA à la fin de l’année, sous réserve de la réalisation des objectifs restants.
« Nous ne serons pas au rendez-vous des 762 milliards. Nous serons à 311 milliards si les objectifs que nous fixons d’ici à la fin de l’année sont atteints », a-t-il reconnu. Il a néanmoins qualifié ce montant d’« appréciable » et de « remarquable ».
Le ministre a par ailleurs défendu l’utilisation des recettes déjà mobilisées. Il affirme qu’elles ont permis de financer plusieurs actions du gouvernement, précédemment présentées lors des travaux en commission.
Dans un hémicycle marqué par des échanges tendus et plusieurs interruptions, Cheikh Diba a finalement appelé les députés à se concentrer sur les enjeux du PLFR 2026. Il a notamment accusé certains parlementaires d’utiliser la question de la sincérité budgétaire pour remettre en cause l’ensemble du projet.
« Vous n’avez que le prétexte de sincérité budgétaire pour remettre en cause un objectif, un projet aussi important que le projet de loi de finances rectificative », a-t-il lancé.



