La souveraineté alimentaire et la promotion de la consommation locale ont été au centre de la deuxième étape de la 9e édition du Festival Alimentaire 2026, organisée samedi dernier à Thiès par le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), en partenariat avec l’ONG belge Oumundi. Cette rencontre a permis de mettre en lumière les défis auxquels est confrontée la filière laitière sénégalaise, notamment face à la concurrence des produits importés.
Au programme, la projection d’un film suivie d’un débat sur les conséquences des importations de lait européen pour les producteurs locaux. Présente à cette occasion, Julie van der Kaar, programmatrice et coordinatrice du Festival Alimentaire en Belgique, a dénoncé les effets de la mondialisation sur les systèmes de production agricole. Selon elle, l’importation de lait en poudre enrichi à l’huile de palme fragilise aussi bien les éleveurs européens que les producteurs sénégalais. Elle a ainsi plaidé pour une transition agroécologique, une rémunération équitable des paysans et une meilleure valorisation du lait local.
De son côté, Abdou Aziz Bagui, agropasteur et secrétaire général de la FONS, a insisté sur la nécessité de renforcer l’accompagnement des producteurs à travers des infrastructures adaptées à la collecte, à la conservation, à la transformation et au transport du lait. Il a également mis en avant le rôle déterminant des femmes dans la promotion de la consommation locale et la consolidation de la souveraineté alimentaire. Par ailleurs, il a appelé les médias à davantage promouvoir les produits nationaux, soulignant l’influence de la publicité et des habitudes alimentaires sur les choix des consommateurs, particulièrement chez les jeunes.
À travers cette initiative, le CNCR et Oumundi entendent renforcer la sensibilisation des populations et intensifier le plaidoyer auprès des pouvoirs publics en faveur de politiques agricoles durables. L’objectif est de soutenir les producteurs locaux, de stimuler la consommation des produits nationaux et de contribuer à la construction d’un système alimentaire plus résilient et moins dépendant des importations.



