À l’occasion de la Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC), célébrée le 29 octobre, l’Association sénégalaise de soutien aux patients et familles victimes d’AVC (ASP/AVC) a organisé une journée de sensibilisation et d’information à l’intention du public. Placée sous le thème « AVC : une urgence, une vie, une famille », cette rencontre a réuni des professionnels de santé, des patients et leurs proches autour des enjeux liés à la prévention, à la prise en charge et aux conséquences de cette pathologie.
L’AVC, une cause majeure d’hospitalisation au Sénégal. Le neurologue Serigne Abdou Aziz Fall, président de l’ASP/AVC, a alerté sur la progression des cas dans le pays. Selon lui, l’accident vasculaire cérébral constitue la première cause d’hospitalisation dans les services de neurologie au Sénégal. Cette tendance s’explique notamment par l’évolution des habitudes alimentaires, la sédentarité et la progression précoce de facteurs de risque modifiables, comme l’hypertension artérielle et le diabète. La diminution de l’activité physique contribue également à cette situation, qui touche désormais des personnes de plus en plus jeunes.
Le choix du thème de cette édition rappelle le caractère particulièrement urgent de cette pathologie. En quelques secondes, un AVC peut bouleverser la vie d’une personne et entraîner des séquelles durables, notamment motrices, cognitives ou liées au langage. « La personne, en tant que telle, présente en quelques secondes un handicap avec lequel elle sera obligée de vivre », a souligné le neurologue, insistant sur la nécessité d’une réaction rapide face aux premiers symptômes.
Pour réduire les risques, le président de l’ASP/AVC préconise un renforcement de la prévention et un meilleur suivi médical. Il recommande notamment aux personnes diabétiques ou hypertendues de consulter régulièrement un professionnel de santé, de pratiquer une activité physique, de respecter les prescriptions médicales et d’adopter une alimentation équilibrée. L’arrêt du tabac, la limitation de la consommation d’alcool, la lutte contre l’hypercholestérolémie et la réalisation régulière de bilans de santé figurent également parmi les mesures essentielles pour prévenir la maladie.
La rapidité de la prise en charge, un enjeu vital. Représentant le ministre de la Santé, Mme Ndiaye a rappelé le poids de l’AVC dans le système sanitaire sénégalais. Selon les données qu’elle a présentées, cette affection représente 30 % des hospitalisations à la clinique des neurosciences Ibrahima Pierre Ndiaye du Centre hospitalier national universitaire de Fann. Derrière ces statistiques se cachent des réalités humaines souvent difficiles : des parents contraints d’abandonner leurs activités professionnelles, des familles confrontées à des dépenses médicales importantes et des foyers fragilisés par la perte soudaine de revenus.
La représentante du ministère a également attiré l’attention sur la prévalence de l’hypertension artérielle, un facteur de risque majeur des AVC. Elle a indiqué que 28,2 % des adultes sénégalais sont hypertendus, selon les chiffres avancés lors de la rencontre. Elle a ainsi souligné l’importance d’une prise en charge précoce, susceptible de réduire les séquelles et d’améliorer les chances de survie.
Face à cette menace, Mme Ndiaye a exhorté les populations à reconnaître les principaux signes d’alerte : une déformation soudaine du visage, une faiblesse ou un engourdissement d’un bras ou d’une jambe, ou encore des difficultés à parler. Elle a insisté sur la nécessité de solliciter immédiatement les secours dès l’apparition de ces symptômes, sans attendre une éventuelle amélioration.
« N’attendons pas que les symptômes passent. Chaque heure perdue en soins à domicile est une chance de guérison qui s’éloigne », a-t-elle averti. Un message qui résume l’enjeu de cette journée de sensibilisation : mieux connaître les facteurs de risque, reconnaître les signes d’alerte et agir sans délai pour sauver des vies et limiter les conséquences de l’AVC.



