Une vingtaine de patients sont hospitalisés chaque mois pour des accidents vasculaires cérébraux (AVC) au service de neurologie de l’hôpital Matlaboul Fawzeyni de Touba. Cette situation met en lumière les difficultés de prise en charge, notamment le manque de lits et l’insuffisance de spécialistes dans la région de Diourbel.
Le constat a été dressé par le chef du service de neurologie, le Dr El Hadji Mbengue, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les AVC, célébrée le 29 octobre 2026. Une activité de dépistage des facteurs de risque a été organisée en collaboration avec la cellule de Diourbel de l’Association sénégalaise de soutien aux patients et familles victimes d’AVC.
À Touba, des capacités d’accueil limitées
Selon le Dr El Hadji Mbengue, le nombre de patients hospitalisés ne représente qu’une partie des besoins réels. Certains malades sont pris en charge aux urgences, tandis que d’autres ne peuvent être admis en hospitalisation faute de lits disponibles.
« La demande est énorme », souligne le neurologue. Le service de médecine interne, auquel est rattachée la neurologie, ne dispose pas de capacités suffisantes pour accueillir toutes les victimes d’AVC. Certains patients doivent ainsi se tourner vers d’autres structures sanitaires de Touba.
Diourbel confronté au manque de neurologues
Les difficultés concernent également l’ensemble de la région. Cheikh Bamba Diouf, coordonnateur de la cellule de Diourbel de l’association, déplore l’absence de neurologue à l’hôpital régional.
Cette situation contraint les patients à être orientés vers Touba, Thiès ou Dakar pour bénéficier d’une prise en charge spécialisée.
« L’hôpital régional de Diourbel a besoin d’un neurologue pour traiter les AVC », plaide-t-il, appelant à renforcer les moyens humains disponibles dans la région.
La prévention au cœur de la lutte contre les AVC
En marge de ces alertes, la Journée mondiale a également été consacrée à la prévention. Des séances de dépistage de l’hypertension artérielle et du diabète ont été proposées aux participants.
Le directeur de l’hôpital, Massamba Thioro Sall, a insisté sur la nécessité de lutter contre les principaux facteurs de risque des AVC. Il a notamment cité l’hypertension, le diabète, l’obésité, le tabagisme et la consommation d’alcool.
Entre le renforcement des capacités hospitalières et la sensibilisation des populations, les professionnels de santé soulignent ainsi l’importance d’agir à la fois sur la prise en charge des patients et sur la prévention.



