À l’approche de 2027, les États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dévoilent progressivement leurs projets de budget. Entre hausse des dépenses, réduction des déficits et financement des priorités nationales, les premières prévisions dessinent des trajectoires économiques différentes. Selon les montants annoncés, la Côte d’Ivoire arrive en tête, devant le Sénégal et le Burkina Faso.
Le classement repose sur le volume total des dépenses budgétaires prévues pour 2027. Il reste provisoire, puisque le Niger et la Guinée-Bissau n’ont pas encore dévoilé leurs projets de budget.
La Côte d’Ivoire conserve la première place
Première économie de l’Union, la Côte d’Ivoire prévoit un budget de 18 466,1 milliards de francs CFA pour 2027, contre 17 350,2 milliards en 2026. Cette progression de 6,4 % place le pays largement en tête du classement.
Le gouvernement ivoirien ambitionne parallèlement de ramener le déficit budgétaire de 3,8 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026 à 3,5 % en 2027. La croissance économique est attendue à 6,6 %, contre 6,2 % l’année précédente.
Le Sénégal augmente ses dépenses et vise un déficit réduit
Le Sénégal occupe la deuxième place, avec des dépenses publiques prévues à 7 363,7 milliards de francs CFA en 2027, soit une hausse de 220,1 milliards.
Les recettes devraient atteindre 6 012,1 milliards de francs CFA, contre 5 848,7 milliards pour la loi de finances initiale de 2026 ajustée. Cette progression reste toutefois inférieure au montant total des dépenses prévues.
Le déficit budgétaire global est ainsi attendu à 1 351,7 milliards de francs CFA en 2027, contre 1 735,2 milliards en 2026. Rapporté au PIB, il devrait passer de 7,6 % à 4,7 %.
Pour accompagner cette trajectoire, les autorités sénégalaises prévoient de renforcer la mobilisation des recettes, de mieux maîtriser les dépenses publiques et d’engager le traitement de la dette. La protection des populations vulnérables, les investissements prioritaires, la gouvernance publique et le développement du secteur privé figurent également parmi les axes retenus.
La croissance économique est néanmoins projetée à 2,4 % pour 2027, selon les prévisions présentées.
Le Burkina Faso mise sur la sécurité et la transformation économique
Avec 4 839,4 milliards de francs CFA de dépenses prévues, le Burkina Faso se classe troisième parmi les pays ayant dévoilé leurs projets budgétaires. Les recettes devraient s’établir à 4 220,4 milliards, pour un déficit global estimé à 619 milliards, soit 2,9 % du PIB.
Les recettes budgétaires enregistreraient une hausse de 491,9 milliards de francs CFA, correspondant à une progression de 13,2 %.
Le gouvernement burkinabè articule ses priorités autour de quatre axes : la consolidation de la sécurité, de la cohésion sociale et de la paix ; la refondation de l’État et l’amélioration de la gouvernance ; le développement du capital humain ; ainsi que la construction d’infrastructures et la transformation durable de l’économie.
Le Bénin et le Mali affichent des budgets en hausse
Le Bénin prévoit un budget de 4 757 milliards de francs CFA pour 2027, contre 4 148,357 milliards pour la loi de finances rectificative de 2026. Cette hausse de 14,7 % place le pays parmi ceux qui enregistrent les progressions budgétaires les plus importantes.
Le gouvernement béninois entend soutenir une croissance inclusive et durable, tout en poursuivant ses efforts de réduction de l’extrême pauvreté. La croissance économique est projetée à 7,5 %, tandis que le déficit budgétaire devrait représenter 2,8 % du PIB.
Au Mali, les dépenses publiques devraient atteindre 4 462,646 milliards de francs CFA en 2027, contre 3 993,3 milliards en 2026. L’augmentation s’élève à 469,326 milliards.
Les recettes budgétaires sont attendues à 3 866,6 milliards de francs CFA, en hausse de 493,7 milliards sur un an. Malgré ce niveau de dépenses, le déficit budgétaire devrait reculer à 596,011 milliards, contre 620,425 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026.
Avec ces prévisions, le Mali se positionne derrière le Bénin en volume de dépenses, même si les deux pays affichent des trajectoires budgétaires en hausse.
Le Togo prévoit une légère baisse de ses dépenses
Le Togo se distingue par une orientation différente. Son projet de budget pour 2027 s’établit à 2 684,1 milliards de francs CFA, contre 2 751,5 milliards en 2026, soit un recul de 2,5 %.
Les priorités du gouvernement portent notamment sur la sécurité, la cohésion sociale, la transformation économique, l’accès aux services sociaux de base, la création d’emplois et le soutien aux populations vulnérables.
Les investissements consacrés aux programmes de la feuille de route gouvernementale 2026-2031 devraient atteindre 490 milliards de francs CFA.
Le Niger et la Guinée-Bissau encore attendus
Le classement reste incomplet en l’absence des projets de budget 2027 du Niger et de la Guinée-Bissau. En 2026, les dépenses budgétaires de ces deux pays s’élevaient respectivement à 2 980,54 milliards et à 530,6 milliards de francs CFA.
Leur position dans le classement définitif dépendra donc des montants retenus pour le prochain exercice.
Ces premières prévisions illustrent les différences de taille entre les budgets des États membres de l’UEMOA, mais aussi la diversité de leurs choix économiques. La hausse des dépenses dans plusieurs pays contraste avec le recul prévu au Togo, tandis que la maîtrise des déficits demeure un objectif partagé par plusieurs gouvernements.



