Le directeur du Centre hospitalier national Dalal Jamm, Dr Samba Guèye, et la pharmacienne Dr Aïda Loukoubar ont réagi aux accusations de trafic présumé de médicaments au sein de l’établissement. Au cœur de l’affaire : la livraison de 300 ampoules de midazolam en septembre 2025 par J. M. Faye, dans un contexte de rupture de stock.
Interrogé par L’Observateur, le Dr Samba Guèye affirme que cette livraison répondait à une urgence. Selon lui, l’hôpital devait faire face à une pénurie de ce médicament, ce qui avait conduit à l’établissement d’une expression de besoins auprès d’un fournisseur autre que la Pharmacie nationale d’approvisionnement (PNA).
« J’ai donné mon accord pour éviter une interruption du service », explique le directeur, qui assure que cette démarche s’inscrivait dans une pratique déjà existante. Il précise qu’une convention liait auparavant l’établissement à la pharmacie Petit-Ouzin et que ce type de dépannage avait déjà été effectué.
Une commande motivée par une rupture de stock
De son côté, la pharmacienne Dr Aïda Loukoubar confirme que le recours à J. M. Faye faisait suite à une demande de dépannage. Elle soutient que le service était confronté à une rupture de midazolam et que le fournisseur avait répondu à cette sollicitation.
Concernant l’état des produits livrés, la pharmacienne assure que les médicaments provenaient d’une pharmacie. Bien qu’ils aient été proches de leur date de péremption, ils n’étaient pas périmés au moment de la livraison. Elle insiste sur le respect des règles de sécurité : aucun médicament périmé ne serait délivré aux patients.
Le retour des produits au fournisseur expliqué
Le renvoi des médicaments a également suscité des interrogations. Sur ce point, le directeur de Dalal Jamm explique que les produits n’ayant pas été utilisés et le service de pharmacie ne souhaitant pas les conserver, leur restitution au fournisseur a été jugée préférable.
Le Dr Samba Guèye estime ainsi que ce retour ne constitue pas une faute. Il rejette toute idée de dissimulation et présente cette décision comme une mesure prise après le refus du service concerné d’utiliser les produits.
Aucun patient exposé, selon le directeur
Enfin, le responsable de l’établissement écarte tout risque pour les patients. Il affirme qu’aucune des 30 boîtes concernées n’a été ouverte et qu’aucun patient n’a reçu ces médicaments.
« À ma connaissance, il n’y a donc pas eu d’exposition des patients à ces produits », indique-t-il.
À travers ces explications, les deux responsables défendent une opération qu’ils présentent comme une réponse à une urgence d’approvisionnement. Les accusations de trafic présumé restent toutefois au centre de cette affaire, qui soulève des questions sur les conditions d’achat, de réception et de restitution des médicaments au sein de l’établissement hospitalier.



