Dakar fait face à une recrudescence des cas de conjonctivite, communément appelée « Apollo ». Rougeurs, larmoiements et irritations oculaires figurent parmi les principaux symptômes de cette affection. Face à sa propagation, notamment lorsqu’elle est d’origine virale, l’ophtalmologue Dr Boubacar Sarr rappelle les modes de transmission, les mesures de prévention et les dangers des traitements inadaptés.
La conjonctivite virale, une forme très contagieuse
La conjonctivite est une inflammation de la conjonctive, une fine membrane transparente qui recouvre la partie blanche de l’œil et l’intérieur des paupières. Selon le Dr Boubacar Sarr, plusieurs facteurs peuvent provoquer cette affection, notamment les virus, les bactéries, les allergies et l’exposition à des substances irritantes.
Toutefois, les cas actuellement observés à Dakar seraient principalement liés à des infections virales. Le spécialiste souligne que les conditions climatiques, notamment la chaleur et l’humidité, peuvent favoriser la circulation de certains virus.
La conjonctivite virale se transmet facilement par contact avec des mains, des objets ou des surfaces contaminés par les sécrétions oculaires. Une personne peut ainsi contracter l’infection après avoir touché un objet contaminé, puis porté ses mains à ses yeux.
En revanche, la conjonctivite allergique n’est pas contagieuse. Elle résulte d’une réaction à un allergène et ne se transmet pas d’une personne à une autre.
Rougeurs, larmoiements et irritations : les signes à surveiller
Les principaux symptômes de la conjonctivite sont la rougeur des yeux, les larmoiements, les sécrétions, les irritations et la sensation de sable dans les yeux. Une sensibilité accrue à la lumière peut également apparaître.
Le Dr Boubacar Sarr met toutefois en garde contre un signe particulier : la baisse de la vision. Selon lui, une altération de la vision ne doit pas être considérée comme une manifestation banale de la conjonctivite. Elle peut révéler une complication ou une autre maladie oculaire nécessitant un examen médical rapide.
Dans certains cas, l’infection peut provoquer des saignements au niveau de la conjonctive. Plus préoccupante, l’atteinte de la cornée peut compromettre la qualité de la vision si elle n’est pas prise en charge à temps.
Si certaines formes évoluent favorablement en quelques jours, la durée de guérison varie selon la cause et la gravité de l’infection. Une consultation médicale reste donc nécessaire en cas de symptômes importants ou persistants.
Le lavage des mains, un geste essentiel
Pour limiter la propagation de la maladie, le spécialiste recommande de respecter des règles d’hygiène rigoureuses. Le lavage régulier des mains à l’eau et au savon constitue l’une des principales mesures de prévention. Il conseille également d’éviter de se frotter les yeux.
Le partage des serviettes, des mouchoirs, des produits cosmétiques et des accessoires en contact avec les yeux est aussi à éviter. Les sécrétions doivent être nettoyées délicatement avec du matériel propre, de préférence à usage unique.
Ces précautions sont particulièrement importantes dans les écoles, les familles, les transports en commun et les lieux de rassemblement, où les contacts favorisent la transmission.
Le Dr Sarr met en garde contre les traitements dangereux
L’ophtalmologue alerte également sur les risques liés à l’automédication. Il déconseille formellement l’utilisation de jus de citron, d’eau de mer, de savon ordinaire ou de préparations artisanales dans les yeux. Ces substances peuvent provoquer des lésions et aggraver les complications.
Concernant les médicaments, le spécialiste rappelle que les antibiotiques ne détruisent pas les virus. Leur utilisation systématique n’est donc pas justifiée dans les conjonctivites virales. Ils ne doivent être employés que lorsqu’un professionnel de santé les juge nécessaires, notamment en cas d’infection bactérienne.
Le recours à des collyres sans avis médical peut également retarder une prise en charge adaptée. Il est préférable de consulter un professionnel de santé afin d’identifier l’origine de l’affection et de recevoir un traitement approprié.
Face à la recrudescence des cas à Dakar, le respect des règles d’hygiène, l’absence de partage des objets personnels et la vigilance devant les signes de complication restent essentiels pour freiner la transmission de la conjonctivite et préserver la santé oculaire.




