Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies se penche, ce 8 octobre 2026, sur l’avenir de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), une première version du rapport d’Antonio Guterres sur la situation dans le territoire a fuité cette semaine.
Le document met en lumière des divergences d’approche entre le secrétaire général de l’ONU et les États-Unis quant à la recherche d’une issue au conflit opposant le Maroc au Front Polisario.Dans ce rapport, Antonio Guterres revient notamment sur les trois cycles de négociations organisés en début d’année entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, sous l’égide des Nations unies et des États-Unis.
Ces discussions, les premières réunissant directement l’ensemble des parties depuis 2019, ont permis d’examiner plusieurs pistes de compromis, dont une nouvelle version du plan d’autonomie marocain proposé en 2007, la mise en place d’un Conseil de transition et l’élaboration d’un projet d’accord-cadre pour encadrer cette phase transitoire.Malgré ces avancées, aucun accord définitif n’a encore été conclu.
Pour le chef de l’ONU, la résolution du conflit nécessite du temps et un effort soutenu pour rétablir la confiance entre les protagonistes. Cette approche tranche avec la stratégie américaine, davantage axée sur l’accélération du processus et l’exercice de pressions pour parvenir rapidement à un compromis.
Selon Riccardo Fabiani, chercheur à l’International Crisis Group, les Nations unies privilégient une démarche plus souple, fondée sur la restauration progressive de la confiance entre Rabat et le Front Polisario, afin de créer les conditions d’un accord durable.
« L’implication de Washington reste importante, mais les avancées n’ont pas abouti à cet accord définitif », souligne le chercheur. Si l’engagement américain a contribué à relancer les négociations, il ne suffit pas, à ce stade, à rapprocher suffisamment les positions des différentes parties. L’enjeu consiste désormais à transformer les discussions engagées en avancées concrètes, sans compromettre les chances d’un règlement mutuellement acceptable.
Les divergences se manifestent également autour de l’avenir de la Minurso. Alors que Washington réclame une réforme en profondeur de la mission ainsi qu’une réduction significative de ses effectifs et de ses moyens, Antonio Guterres recommande, dans son rapport, de prolonger son mandat d’une année supplémentaire. Cette position souligne l’attachement du secrétaire général au maintien du dispositif onusien, dans un contexte où les négociations restent fragiles et où l’issue du conflit demeure incertaine.



