L’Assemblée nationale examine actuellement le rapport de la mission d’information parlementaire consacrée à la commercialisation des produits de marque Softcare au Sénégal. La mission, composée de 11 députés, s’est penchée sur une série de constats effectués lors d’inspections menées en 2025 dans l’usine de Softcare, située à Sindia, dans le département de Mbour.
Des non-conformités relevées
Selon les membres de la mission, plusieurs documents versés au dossier font état de non-conformités jugées critiques. Ils citent notamment la présence de matières premières périmées, l’absence d’un pharmacien responsable, l’insuffisance des dispositifs de quarantaine ainsi que des manquements liés aux conditions de conservation.
Les députés relèvent également une contradiction entre ces constats et un communiqué de la Cellule de communication et des relations publiques de l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (ARP), publié le 16 décembre 2025.
Ce communiqué avait annoncé la conformité des produits et leur remise sur le marché, alors que les inspecteurs concernés soutenaient, selon la mission, le maintien du retrait.
Dix recommandations prioritaires
Face à ces éléments, les membres de la mission ont formulé dix recommandations destinées à renforcer le contrôle et la régulation des produits concernés.
Ils préconisent notamment de clarifier les compétences des autorités de régulation et de compléter le cadre réglementaire applicable aux produits cosmétiques et d’hygiène. Ils demandent également une meilleure réglementation de la gestion des matières premières périmées, avec des procédures précises de mise en quarantaine, de traçabilité et de destruction.
La mission recommande aussi de renforcer les pouvoirs d’inspection, notamment en clarifiant les procédures de saisie et de mise sous scellé, ainsi que la valeur juridique des rapports d’inspection.
La communication de crise ciblée
Les députés souhaitent par ailleurs formaliser la chaîne décisionnelle au sein de l’ARP. Ils proposent de mieux définir les responsabilités des services techniques, de la hiérarchie administrative et des organes de communication.
Ils demandent également que toute communication publique concernant une alerte sanitaire soit précédée d’une validation technique, dans le cadre d’un protocole de communication de crise.
Vers une meilleure traçabilité
La mission propose aussi la modernisation des systèmes de traçabilité. Parmi les mesures avancées figurent la mise en place d’un système ERP sécurisé, l’horodatage des mouvements de stocks, l’harmonisation des fiches de stock et la standardisation des registres de non-conformité.
Les députés recommandent en outre un renforcement des contrôles internes dans les entreprises industrielles, avec des inventaires réguliers, des audits systématiques et des procédures formalisées pour identifier, isoler et détruire les matières non conformes.
Un dispositif de contrôle renforcé
Le rapport préconise également une responsabilisation accrue du pharmacien responsable ainsi que la création d’un mécanisme permanent de coordination entre les différentes institutions concernées.
La mission souhaite notamment la mise en place d’un comité interministériel pouvant être activé en cas d’alerte sanitaire, soutenu par une plateforme de partage d’informations en temps réel et des opérations conjointes de contrôle.
Le renforcement des capacités techniques et scientifiques figure également parmi les recommandations, avec un accent sur les laboratoires, les équipements d’analyse, la formation des inspecteurs et la surveillance des produits après leur mise sur le marché.
Enfin, les députés demandent un suivi parlementaire régulier de la mise en œuvre des réformes, notamment à travers la présentation de rapports périodiques à l’Assemblée nationale et l’évaluation des mesures engagées.



