En 1358, des paysans se soulevèrent contre la faim et l’arbitraire. L’Histoire aurait pu retenir leur combat. Elle retint le mot d’un historiographe à la solde des seigneurs : Jean Froissart, qui traitait la révolte de jacqueries et les paysans, d’une masse de rustres sans pensée. Le mot fit le travail que l’argument ne pouvait pas faire : mépriser plutôt que s’opposer.
Des siècles plus tard, au Sénégal, même procédé, nouveau costume avec mille fois moins de talent. A défaut d’avoir l’intelligence nécessaire pour aider le Roi, on lui sert, sur une phiale, des invectives et de la petite pensée.
Qui à Paris se rappelle d’un propos intelligent de Fifi Diakhaté ? A contrario, on se rappelle tous des longs discours creux, d’une nullité absolue. Des salles de Villetaneuse aux rassemblements de République, qui n’a jamais souffert ? Le supplice ultime. C’est elle la nouvelle lumière de l’autre bord ? Ça étonne qui cette déliquescence dès lors ? Pas moi !
Autre chose : Pastef est-il devenu subitement un parti violent à leurs yeux ? Peut-être qu’ils le pensaient sans avoir le courage de le dire ? La spirale du silence d’Elisabeth Noelle Neumann ? La fourberie ou la recherche de strapontin ? Autant de questions qui confirment leur mauvaise foi et leur vacuité.
Retournons la pendule. Qui a rempli les prisons ? Qui a compté ses morts sous les balles ? Pastef. Et le résultat de cette répression, c’est une élection avec une mobilisation militante inédite. Bassirou Diomaye Faye au pouvoir par les urnes, pas par des magouilles. Faire porter au vainqueur pacifique le crime de son bourreau, c’est le tour de passe-passe exact de Froissart : rebaptiser la victime en coupable.
Pastef c’est des conférences, la vente de cartes, le maillage territorial, le congrès. En somme, un militantisme documenté. Et ce sont ceux qui débitaient hier des discours creux, sans thèse, sans un seul document programmatique à leur compte, qui se posent aujourd’hui en voix de la raison ? Curieuse reconversion. On ne s’improvise pas penseur du jour au lendemain quand on n’a jamais rien pensé la veille.
Froissart écrivait pour le Roi, contre un peuple qui avait osé se lever. Ses héritiers vocifèrent pour un Roi neuf, contre le SOUVERAIN qui lui a tout donné, au prix du sang. Ce peuple est grand et il n’attend de vous que de la GRANDEUR.




Quand l’honneur se confronte aux privilèges et qu’ils peuvent pas partager la même case voilà ce que ca donne des gens dépourvus d’honneur mettent leurs privilèges au dessus de l’intérêt général et de l’honneur