Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, et son homologue marocain, Aziz Akhannouch, ont procédé mardi au lancement officiel du Forum économique sénégalo-marocain. À cette occasion, le chef du gouvernement sénégalais a délivré un message fort à l’endroit du secteur privé des deux pays, mettant en avant les profondes mutations politiques et économiques engagées depuis 2024 au Sénégal.
Devant un parterre d’investisseurs, Ousmane Sonko a tenu à souligner que le changement intervenu dans son pays ne se limite pas à une alternance politique. « Ce n’est pas seulement un changement d’hommes, c’est un changement de paradigme, de conception », a-t-il déclaré, rappelant que certaines entreprises marocaines ont connu le Sénégal d’hier comme celui d’aujourd’hui.
Reconnaissant que la période de transition a pu susciter des interrogations, notamment en raison du réexamen de certains dossiers par les nouvelles autorités, le Premier ministre a voulu rassurer les investisseurs. Il a assuré que cette phase serait conduite dans le respect des intérêts des différentes parties, tout en insistant sur une avancée majeure : « Pour une fois, le Sénégal s’est doté d’un référentiel clair ».
Selon lui, le nouveau régime a désormais défini une vision structurée et ambitieuse, servant de boussole à l’action publique. « Le Sénégal se dote de politiques claires et va, sur cette base, rechercher des partenaires », a-t-il affirmé, citant les investisseurs marocains comme des partenaires privilégiés, appelés à intervenir dans l’ensemble des secteurs stratégiques.
Le chef du gouvernement a également exposé les priorités économiques du pays, en mettant l’accent sur les secteurs catalytiques appelés à porter la transformation structurelle de l’économie. L’agrobusiness et l’agro-industrie, articulés autour des agropoles, figurent en tête de liste, aux côtés des zones économiques spéciales conçues pour attirer, sécuriser et pérenniser les investissements.
Ousmane Sonko a par ailleurs annoncé un vaste programme de développement des infrastructures portuaires, aéroportuaires, routières et ferroviaires, adossé à des hubs minier et sidérurgique. Il a également invité les investisseurs à s’engager dans les projets de logements sociaux et dans le secteur de l’énergie, soulignant qu’« aucun développement industriel ou économique n’est possible sans une énergie abondante, de qualité et à coût abordable ». À cet égard, il a rappelé les atouts du Sénégal, riche en ressources gazières, pétrolières et renouvelables.
Appelant les entreprises marocaines à prendre part à la mise en œuvre de cette vision globale, le Premier ministre a promis un cadre juridique sécurisé, conforme aux meilleurs standards internationaux, assorti d’avantages fiscaux adaptés à la nature des projets et aux zones d’implantation.
Enfin, Ousmane Sonko a exprimé le souhait de voir émerger des joint-ventures entre acteurs privés sénégalais et marocains, afin de faire naître de grands champions économiques sous-régionaux. « C’est un message d’espoir et de solidarité », a-t-il conclu, estimant que les liens historiques et humains entre les deux pays constituent un atout majeur pour bâtir un partenariat économique durable et ambitieux.



