Près de trois ans après la disparition tragique des gendarmes sénégalais Didier Badji et Fulbert Sambou, l’enquête connaît un développement décisif. D’après le journal Libération, Jérôme Bandiaky, connu sous le surnom de « Sniper », a été inculpé et placé sous mandat de dépôt vendredi pour séquestration et assassinat des deux militaires.
Premier suspect arrêté dans cette affaire sensible, « Sniper » fait également l’objet de poursuites pour menaces de mort et violences sur un témoin clé. Ce dernier avait permis une relance significative du dossier, longtemps perçu comme au point mort. Les familles des victimes et plusieurs organisations de défense des droits humains n’ont cessé de dénoncer la lenteur de la procédure et de réclamer davantage de clarté.
Ce dimanche, militants, acteurs politiques et organisations de la société civile ont organisé une marche contre « l’oubli » afin de maintenir la pression sur les autorités judiciaires.
Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a appelé à une enquête approfondie :
« Une personne a été inculpée, mais elle ne peut pas avoir agi seule. La justice doit aller jusqu’au bout pour restaurer la confiance. Il faut identifier les commanditaires. »
Pour sa part, Me Djiby Diallo, avocat du mis en cause, s’est dit surpris par la tournure des événements :
« Mon client n’a jamais été entendu ni par la police ni par la gendarmerie dans cette affaire », affirme-t-il, annonçant son intention de saisir le troisième cabinet d’instruction pour obtenir des précisions sur la procédure.
Si l’inculpation de Jérôme Bandiaky représente une avancée importante, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Les défenseurs des droits humains, les proches des victimes et une large frange de l’opinion attendent désormais que l’enquête se poursuive avec rigueur pour faire toute la lumière sur ce double assassinat qui avait profondément marqué le pays.



