Le 4 décembre 2024, le Mozambique a connu une nouvelle journée de manifestations, marquée par des violences et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. Selon des organisations de la société civile, douze personnes ont été tuées lors de ces affrontements, portant à 88 le nombre total de victimes depuis le début des contestations, il y a un peu plus d’un mois.
Les manifestations sont largement alimentées par l’opposant en exil, Venâncio Mondlane, qui a appelé au blocage des principales institutions et avenues du pays. Mondlane, qui conteste la victoire du Frelimo (parti au pouvoir depuis l’indépendance en 1975) lors des élections du 9 octobre, a affirmé avoir remporté la présidentielle et incite la population à poursuivre la résistance contre ce qu’il considère comme un résultat électoral frauduleux.
En réponse à cet appel, les Mozambicains ont envahi les rues, notamment dans la capitale Maputo, où des manifestants pacifiques ont chanté l’hymne national et brandi des photos de Mondlane, toujours exilé en Afrique du Sud. Dans certaines zones, des sacs de ciment ont été utilisés pour bloquer les routes. Cependant, les forces de l’ordre ont rapidement réagi avec des moyens de répression violente. Selon la plateforme civile Decide, en une seule journée, 12 personnes ont été tuées, principalement lors d’affrontements avec la police. De son côté, la police mozambicaine a indiqué que cinq manifestants étaient morts à la suite de confrontations, précisant que ces derniers tentaient d’envahir des commissariats pour y voler des armes.
Au-delà des manifestations, la situation politique et sociale continue de se tendre. Les fonctionnaires de l’administration électorale, qui n’ont pas reçu leur salaire depuis trois mois, ont menacé de se mettre en grève, perturbant ainsi le décompte des voix. En réponse, certains d’entre eux ont fait état d’intimidations, tout comme les juges du Conseil constitutionnel, qui ont dénoncé des menaces de mort à leur encontre. Ces juges sont responsables de l’annonce officielle des résultats électoraux, prévue pour le 23 décembre.
La situation reste donc extrêmement volatile au Mozambique, où la contestation sociale et politique prend de l’ampleur, alimentée par des accusations de fraude électorale et des répressions violentes de la part des autorités.



