Mohamed Bangoura, un citoyen guinéen, a intenté une action en justice contre Air Sénégal, l’accusant d’escroquerie après avoir rencontré des problèmes avec ses billets d’avion. Cet administrateur civil avait acheté deux billets Conakry-New York-Conakry via Dakar pour lui et son épouse, au prix de 494 dollars (309 000 F Cfa) chacun. Il reproche à la compagnie aérienne d’avoir retardé son vol aller et annulé celui du retour sans l’en informer à temps.
L’affaire a été examinée mercredi dernier par le tribunal correctionnel de Kaloum, à Conakry. L’avocat de la défense a contesté la compétence de ce tribunal, suggérant que l’affaire devait être traitée par un tribunal civil. Le représentant du ministère public a également appuyé cette position, mais le juge a décidé de poursuivre le procès, qualifiant la requête de « inopportune et tardive ».
Lors de l’audience, le représentant d’Air Sénégal en Guinée, Mouhamadou Moustapha Mbaye, a reconnu le retard du vol aller et l’annulation du vol retour, mais a rejeté l’accusation d’escroquerie. Il a expliqué que le vol de Mohamed Bangoura pour New York, prévu initialement le 25 juillet, avait été annulé, et qu’ils avaient finalement pris l’avion le 28 juillet. Concernant le vol retour, il a admis l’annulation de la ligne New York-Dakar le 19 septembre, précisant que tous les passagers concernés avaient été informés par email, y compris Mohamed Bangoura, qui avait fourni son adresse et celle de son épouse.
Face à cette situation, Mohamed Bangoura a contacté son agence de voyage, qui lui a proposé deux solutions : un remboursement ou un vol avec Royal Air Maroc. Il a opté pour le remboursement, une offre qui incluait une somme de 591 dollars (environ 370 000 F Cfa), que la compagnie est prête à verser immédiatement. Cependant, le plaignant a persisté dans sa plainte, la qualifiant d’escroquerie et réclamant 500 millions de francs guinéens (environ 36 millions de F Cfa) en compensation pour les préjudices subis.
Bangoura a expliqué que ce retard et cette annulation avaient entraîné des désagréments importants, notamment la perte de leur correspondance pour Memphis et l’incapacité de son épouse à reprendre son travail aux États-Unis à temps. Il affirme n’avoir été informé du retard que par son agence de voyage, et non par Air Sénégal directement.
De son côté, l’avocat de la défense a demandé au tribunal de rejeter la plainte et a réclamé la même somme que le plaignant en réparation du préjudice moral que cette affaire aurait causé à la compagnie, notamment en raison de sa médiatisation.
Le tribunal rendra son verdict le 27 novembre.



