Le 3 octobre 2024, l’Organisation ivoirienne des droits de l’homme (OIDH) a adressé une lettre ouverte au procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, réclamant des éclaircissements sur l’état d’avancement des enquêtes concernant les crises en Côte d’Ivoire de 2002 et 2010. Ces enquêtes, ouvertes depuis 2011, n’ont toujours pas livré de résultats concrets pour certaines victimes, alors que le pays se prépare à de nouvelles élections en 2025.
Dans cette lettre, le président de l’OIDH, Éric-Aimé Semien, déplore que la situation ivoirienne semble être reléguée au second plan, au profit d’autres crises internationales plus récentes. « Nous avons l’impression que la situation en Côte d’Ivoire est laissée pour compte », a-t-il déclaré, insistant sur l’urgence d’obtenir des réponses, non seulement pour les victimes en attente de justice, mais aussi pour la mémoire collective du pays. Semien souligne l’importance de faire la lumière sur ces événements afin d’éviter de nouveaux cycles de violence : « Il est crucial de savoir qui est responsable des violences en Côte d’Ivoire et s’il reste des personnes à poursuivre ».
Alors que la CPI prévoit de fermer son bureau en Côte d’Ivoire en 2025, l’OIDH insiste sur la nécessité de clore ces enquêtes de manière satisfaisante, après treize ans d’incertitudes. Pour rappel, les enquêtes avaient notamment mené au procès de l’ex-président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, tous deux acquittés en mars 2021.
En dépit des efforts de sensibilisation menés par le bureau de la CPI en Côte d’Ivoire, les interrogations persistent quant à l’absence de progrès tangible. Selon Éric-Aimé Semien, il est impératif que la CPI apporte des réponses avant les échéances électorales de 2025, afin de permettre au pays de tourner définitivement la page sur cette période de turbulences.



