Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2024, une pirogue transportant 90 migrants a chaviré près des côtes d’El Hierro, entraînant la mort de 63 personnes originaires du Mali, du Sénégal, de Mauritanie, de Guinée et de Gambie, dont plusieurs mineurs. Les circonstances de cette tragédie continuent de susciter des interrogations, notamment sur les raisons exactes de l’accident.
Les faits
À minuit, des appels affolés ont été reçus à Barcelone, Madrid et en France. Les migrants, croyant être proches de la terre ferme, annonçaient avoir des problèmes techniques, mais se disaient sains et saufs. Toutefois, quelques instants plus tard, la situation a basculé. Selon un rapport d’urgence du Salvamento Marítimo, la pirogue a chaviré alors que ses occupants se concentraient sur l’un de ses côtés, dans des conditions météorologiques difficiles, avec des rafales de vent atteignant 20 nœuds.
Malgré les efforts des équipes de secours, seules neuf victimes ont été retrouvées cette nuit-là, tandis que les autres corps sont restés introuvables.
Récits des survivants
Parmi les 27 survivants, qui incluent 16 Maliens, cinq Mauritaniens, trois Guinéens, deux Sénégalais et un Gambien, les récits collectés par les services d’urgence font état de la panique qui a précédé le naufrage. Plusieurs d’entre eux confirment que la pirogue s’est brisée lors des opérations de sauvetage.
Deux survivants ont expliqué que l’une des cordes reliant la pirogue au navire de sauvetage s’était rompue, provoquant une embardée et écrasant la pirogue contre le bateau de secours. Les personnes dans l’annexe sont tombées à l’eau, certaines subissant des blessures lors de l’impact. D’autres passagers ont pu se sauver en s’accrochant à des cordes ou en nageant jusqu’à des points de flottement.
Les conséquences
Les équipes médicales et d’urgence ayant participé au sauvetage ont rapporté que plusieurs corps retrouvés présentaient des traumatismes significatifs, suggérant des impacts violents avant la noyade. Parmi les neuf corps identifiés, deux ont été enterrés, tandis que les autres reposent dans des tombes anonymes marquées simplement « Immigrant ».
Cette tragédie fait écho à d’autres drames maritimes survenus dans la région. Elle double le nombre de victimes du naufrage de Lanzarote en 2009, où 25 migrants avaient perdu la vie.
Un appel à la vigilance
La situation des migrants cherchant à atteindre les îles Canaries s’est intensifiée cet été, entraînant une augmentation des opérations de sauvetage par le Salvamento Marítimo. Manuel Barroso, chef du Centre national de coordination des secours maritimes, a souligné les défis des opérations en mer, en particulier dans des conditions difficiles.
Cette tragédie à El Hierro souligne la nécessité d’une vigilance accrue face aux dangers auxquels sont confrontés les migrants tentant de traverser des mers tumultueuses, à la recherche d’un avenir meilleur.



