Les dirigeants militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans la consolidation de leur alliance. En effet, ces trois pays, gouvernés par des juntes, vont bientôt introduire un nouveau passeport biométrique commun, marquant ainsi leur volonté d’harmoniser leurs politiques dans un contexte de rupture avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Le colonel Assimi Goïta, chef de la junte malienne, a annoncé dimanche soir lors d’une allocution télévisée : « Dans les jours qui viennent, un nouveau passeport biométrique de l’Alliance des États du Sahel (AES) sera mis en circulation, avec pour objectif d’harmoniser les titres de voyage dans notre espace commun ». Cette initiative vise à faciliter la libre circulation entre les trois nations, renforçant ainsi les liens entre ces États qui partagent des défis sécuritaires et économiques similaires.
Le colonel Goïta a également souligné l’importance de développer les infrastructures communes, déclarant : « Nous travaillerons pour mettre en place les infrastructures nécessaires afin de renforcer la connexion de nos territoires grâce aux transports, réseaux de communication et des technologies de l’information ». Ce projet ambitieux s’inscrit dans la volonté des trois pays de renforcer leur intégration régionale face aux menaces et aux pressions extérieures.
Une alliance politique et sécuritaire renforcée
Cette annonce survient à la veille du premier anniversaire de la création de l’Alliance des États du Sahel, formée en septembre 2023. Cette alliance a vu le jour après que les trois pays ont coupé leurs liens avec la France, ancienne puissance coloniale, et se sont tournés vers la Russie comme nouveau partenaire stratégique. En janvier 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont également officialisé leur retrait de la Cédéao, accusant l’organisation régionale d’être manipulée par Paris.
En juillet 2024, les trois États ont franchi un nouveau cap en formant la Confédération des États du Sahel, un regroupement de 72 millions de personnes. Cette entité sera présidée par le Mali pour sa première année, et vise à renforcer la coopération politique, économique et sécuritaire entre ses membres.
La lutte contre le terrorisme, enjeu majeur de l’alliance
Les trois pays sont tous confrontés à des défis sécuritaires considérables, notamment la lutte contre les groupes djihadistes qui sévissent dans la région depuis plus d’une décennie. Les violences ont commencé au nord du Mali en 2012 avant de s’étendre au Burkina Faso et au Niger à partir de 2015. Ces conflits ont causé la mort de milliers de personnes et entraîné le déplacement de millions d’autres, exacerbant une crise humanitaire déjà critique.
Face à cette situation, le renforcement de l’alliance entre ces trois nations apparaît comme une tentative de mieux coordonner leurs efforts pour rétablir la sécurité dans la région. Le passeport biométrique commun, tout comme les autres projets d’infrastructures, pourrait jouer un rôle crucial dans cette dynamique de coopération renforcée.
Ainsi, avec cette nouvelle initiative, l’Alliance des États du Sahel continue de se structurer, tout en s’affirmant sur la scène internationale comme une force régionale unie face aux défis politiques, économiques et sécuritaires auxquels elle est confrontée.



