Pour la première fois sous le nouveau régime, un directeur nommé est évincé après seulement trois mois en poste. Cheikh Dieng, directeur de l’Office national de l’assainissement (ONAS) depuis le 25 avril, a été remplacé hier en Conseil des ministres par M. Séni Diène, ingénieur hydrogéologue.
Cette décision rapide surprend, d’autant plus que le communiqué du Conseil des ministres a été diffusé à une heure tardive, laissant peu de place à des explications détaillées. Cependant, des sources internes à l’ONAS ont révélé quelques éléments sur les raisons de ce changement.
Des Relations Tendus et des Changements Contestés
Cheikh Dieng aurait eu du mal à s’intégrer avec une partie du personnel. Dès sa prise de fonction, il avait prononcé des paroles jugées déstabilisantes par certains cadres, leur intimant de mettre fin à la « distraction ». Ce discours aurait été perçu comme une critique de l’efficacité du travail effectué avant son arrivée.
Par ailleurs, la mise en place d’un nouveau système de pointage par empreinte biométrique a suscité des mécontentements. Le système, jugé intrusif par certains employés, a entraîné des pratiques comme l’émargement suivi de l’absence temporaire, compromettant ainsi son efficacité.
Critiques et Activisme Politique
D’autres critiques adressées à Cheikh Dieng incluent un activisme politique perçu comme préjudiciable à ses fonctions. Son engagement lors de la visite de Saint-Louis avec le Premier ministre Ousmane Sonko, où il a prolongé son séjour de cinq jours, a été mal vu par certains. Des rumeurs affirment qu’il aurait utilisé cette occasion pour tenter de recruter des militants pour son ancien parti, le PDS, pour le compte de Pastef. De plus, il aurait été absent lors des visites de son ministre de tutelle à Touba et Kaolack après les inondations.
Ce départ rapide met en lumière les défis auxquels sont confrontés les nouveaux dirigeants dans un contexte de réformes et de gestion interne complexe.



