Malgré un imposant déploiement policier dans les rues de Kampala, capitale de l’Ouganda, des groupes de jeunes ont bravé l’interdiction de manifester pour dénoncer la corruption. Inspirés par les récents soulèvements au Kenya, les organisateurs ont annoncé leur intention de marcher vers le Parlement.
Mardi 23 juillet, de petits groupes de jeunes en Ouganda ont défié les autorités en bravant l’interdiction de manifester, malgré un dispositif policier massif déployé à Kampala. Selon un avocat représentant plusieurs figures du mouvement, des manifestants ont été arrêtés alors qu’ils se dirigeaient vers le Parlement, marquant ainsi leur détermination face aux restrictions en place.
Les manifestations, motivées par la lutte contre la corruption, visaient spécifiquement le Parlement, dont les abords étaient strictement surveillés par les forces de l’ordre. Trois leaders du mouvement, George Victor Otieno, Kennedy Ndyamuhaki et Praise Aloikin Opoloje, ont été appréhendés lors de leur marche vers le Parlement et conduits à un endroit non divulgué par la police, selon leurs avocats.
Malgré ces tensions, les manifestants ont continué à exprimer leur mécontentement, scandant des slogans tels que « La corruption doit cesser aujourd’hui » et appelant au départ de la présidente du Parlement, Anita Among. La police ougandaise a confirmé avoir procédé à des arrestations, sans préciser leur nombre exact.
Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, avait prévenu les manifestants des risques encourus, mais cela n’a pas dissuadé les jeunes activistes de descendre dans les rues. À Kampala, des scènes inhabituelles de barricades policières et de rues désertes ont marqué cette journée de contestation.
Ce mouvement spontané, organisé en dehors des cadres politiques traditionnels, s’est largement développé sur les réseaux sociaux avec le hashtag « StopCorruption ». Bien que disparate, il représente une voix collective contre la corruption rampante en Ouganda, un pays où les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage et les restrictions à la liberté d’expression.
Inspirés par les récents événements au Kenya voisin, où des manifestations similaires ont secoué le pays, les jeunes ougandais continuent de revendiquer leurs droits civiques malgré les risques. Leur détermination reflète une résistance croissante contre un système politique et économique perçu comme corrompu et oppressif.
La communauté internationale a également réagi aux troubles en Ouganda, soulignant les défis persistants en matière de droits humains et de gouvernance démocratique. Alors que le pays cherche à surmonter ces défis internes, le débat sur la corruption et les droits fondamentaux reste au cœur des préoccupations nationales et internationales.



