Il est des paroles qui traversent le temps et prennent une résonance particulière lorsque celui qui les a prononcées n’est plus. Le décès du Général Abdoulaye Diop, ancien contrôleur général de police à la retraite, survenu ce jeudi 22 octobre 2026 à l’hôpital Principal de Dakar, ramène au souvenir l’un de ses discours les plus marquants adressés aux forces de l’ordre. Une intervention qui, au-delà de sa portée professionnelle, sonne aujourd’hui comme un testament moral.
Surnommé « Albourakh », le Général Abdoulaye Diop ne se contentait pas de rappeler les exigences du métier de policier. Il interpellait les consciences. Dans cette prise de parole, il invitait les hommes en tenue à mesurer la portée de leurs actes, à faire preuve de responsabilité et à ne jamais perdre de vue les principes d’éthique qui doivent guider l’exercice de l’autorité. Derrière l’uniforme, rappelait-il en substance, demeure un être humain comptable de ses décisions et de son comportement.
La force de ce discours résidait aussi dans sa dimension spirituelle. En évoquant le Jugement dernier, le Général ramenait les policiers à une vérité fondamentale : l’autorité conférée par la fonction ne dispense personne de rendre compte de ses actes. Bien au contraire, elle impose une exigence supplémentaire de droiture, de retenue et de justice. Une leçon de conscience qui dépasse les rangs de la police pour interpeller, plus largement, tous ceux qui exercent une parcelle de pouvoir au service de la collectivité.
Aujourd’hui, alors que sa disparition suscite l’émotion, cette vidéo prend une dimension particulière. Les mots d’hier deviennent un héritage, et le rappel à l’ordre se transforme en invitation à la réflexion. Au-delà de l’officier et de son parcours, c’est l’image d’un homme soucieux de rappeler les exigences morales de la fonction policière qui ressurgit. La levée du corps est prévue ce vendredi 23 octobre à 10 heures à l’hôpital Principal de Dakar, avant l’inhumation à Tivaouane. Une dernière cérémonie pour celui dont les paroles continuent, même après sa mort, de rappeler que servir la loi exige aussi de répondre à sa conscience.



