Le gisement pétrolier de Sangomar affiche un recul de sa production au troisième trimestre de 2026. Pourtant, les revenus cumulés de son opérateur, Woodside, progressent de plus de 32 % par rapport à la même période en 2025. Une évolution qui soulève des questions sur le partage des revenus pétroliers et les recettes de l’État du Sénégal.
Selon le rapport trimestriel de Woodside, la production moyenne de Sangomar s’est établie à 94 000 barils par jour au troisième trimestre de 2026. Sur ce volume, 73 000 barils quotidiens reviennent à la compagnie australienne.
Le projet affiche toutefois un taux de fiabilité opérationnelle de 99,2 %. Malgré cette performance, le volume de production attribué à Woodside a atteint 6,758 millions de barils, contre 7,854 millions au trimestre précédent. Cela représente une baisse d’environ 14 %.
Une production en recul sur un an
La tendance baissière se confirme par rapport au troisième trimestre de 2025. À cette période, Woodside avait enregistré 7,516 millions de barils. Le volume attribué à la compagnie a donc diminué de 758 000 barils, soit environ 10,1 %.
Sur les neuf premiers mois de 2026, la production attribuée à Woodside s’élève à 21,764 millions de barils. Elle était de 21,922 millions sur la même période en 2025, soit une baisse d’environ 0,7 %.
Le déclin naturel du gisement en cause
Woodside avance deux explications pour justifier cette évolution. La compagnie évoque d’abord le « déclin naturel du gisement », qui affecte le niveau de production.
Elle mentionne également une diminution de sa part nette de production dans le cadre du contrat de partage de production. Cette évolution intervient après la récupération de la totalité des coûts engagés avant la décision finale d’investissement, connue sous le sigle FID.
Ces deux facteurs permettent de mieux comprendre les variations des volumes attribués à Woodside. Ils soulèvent également des questions sur l’évolution future de la production et la répartition des ressources issues de l’exploitation pétrolière.
Des revenus en hausse de 32,6 % malgré la baisse des volumes
Le recul de la production entre les deux derniers trimestres s’accompagne d’une baisse des revenus trimestriels de Woodside. Ceux-ci sont passés de 763 millions de dollars au deuxième trimestre de 2026 à 659 millions au troisième trimestre, soit une diminution d’environ 13,6 %.
Cependant, le bilan depuis le début de l’année présente une évolution différente. Sur les neuf premiers mois de 2026, les revenus comptabilisés par Woodside au titre de Sangomar atteignent 1,946 milliard de dollars, contre 1,468 milliard sur la même période en 2025.
Cette progression représente environ 32,6 %, alors même que les volumes de production attribués à la compagnie ont légèrement diminué sur les neuf premiers mois.
Les recettes de l’État sénégalais toujours attendues
Une autre question demeure : quelle part des revenus pétroliers revient effectivement à l’État du Sénégal ?
Le rapport de Woodside ne précise pas clairement le montant des recettes publiques sénégalaises issues de l’exploitation de Sangomar. Dans son dernier rapport d’exécution budgétaire, l’État faisait toutefois état de 37,6 milliards de francs CFA de recettes provenant de l’exploitation des hydrocarbures au deuxième trimestre de 2026.
À ce stade, aucune donnée officielle sur les recettes pétrolières de l’État pour le troisième trimestre de 2026 n’est mentionnée dans les informations disponibles.
Quel avenir pour la production de Sangomar ?
Les chiffres publiés par Woodside soulèvent plusieurs interrogations sur les perspectives du principal gisement pétrolier sénégalais.
À quel rythme la production va-t-elle diminuer au cours des prochains trimestres et des prochaines années ? Quel sera l’impact de cette évolution sur les recettes publiques ?
La récupération des coûts engagés par Woodside avant la décision finale d’investissement pose également la question de ses conséquences sur le partage de la production entre l’État et les autres partenaires du projet.
Autant d’enjeux qui rendent nécessaires des données plus détaillées sur les volumes produits, les revenus générés et les recettes effectivement perçues par le Sénégal.



