Et si trente minutes de jeu suffisaient à offrir une véritable parenthèse face au stress du quotidien ? À l’heure où les adultes sont de plus en plus sollicités par les contraintes professionnelles, familiales et sociales, le jeu apparaît comme une ressource souvent négligée pour préserver son équilibre psychologique. C’est le message défendu par la psychiatre Dr Nada Azzouzi, lors d’un panel organisé mercredi à Rabat, au Maroc, dans le cadre de la première édition de l’Africa Amusement and Attractions Expo (AAAExpo 2026).
Selon la spécialiste, jouer ne relève pas uniquement du divertissement. Cette activité stimule les mécanismes cérébraux associés au plaisir et au bien-être. « Quand on joue, on se sent naturellement mieux », explique-t-elle, évoquant notamment la dopamine et les endorphines, impliquées dans la sensation de plaisir et la modulation de la douleur. Le jeu peut ainsi constituer un moyen simple de relâcher les tensions, de mobiliser ses capacités cognitives et de retrouver un moment de détente dans un quotidien souvent marqué par la pression.
Pour Dr Nada Azzouzi, le jeu représente une véritable « pharmacie intérieure », à condition de ne pas lui attribuer des vertus miraculeuses. Si cette pratique accompagne naturellement le développement de l’enfant, elle tend à perdre sa place à mesure que les responsabilités de l’âge adulte s’accumulent. La psychiatre invite donc à renouer avec cette capacité trop souvent mise de côté. « En tant qu’adultes, nous devons conserver cette capacité ou nous rappeler qu’elle existe toujours au fond de nous », souligne-t-elle.
Jeux de société, cartes, jeux vidéo ou activités interactives : les possibilités sont nombreuses pour réintroduire le jeu dans les habitudes quotidiennes. La spécialiste privilégie notamment les activités simples, pratiquées en famille ou entre amis, tout en encourageant celles qui entretiennent les facultés cognitives et favorisent le mouvement. L’enjeu n’est pas de privilégier une catégorie de jeux au détriment des autres, mais de choisir des activités adaptées à ses envies et à son mode de vie.
Cette invitation à jouer s’accompagne toutefois d’une mise en garde : le plaisir peut perdre sa fonction bénéfique lorsque la pratique devient excessive. L’addiction, notamment aux jeux vidéo ou en ligne, constitue un risque à ne pas sous-estimer. « Si cet équilibre est rompu, cela signifie que le jeu est en train de perdre sa fonction principale dans notre vie », prévient la psychiatre. La maîtrise du temps consacré au jeu et la préservation des autres activités quotidiennes restent donc essentielles.
Le conseil de Dr Nada Azzouzi tient finalement en une recommandation simple : réapprendre à s’accorder du temps pour jouer, sans culpabilité et sans excès. « Osez jouer une trentaine de minutes. C’est mieux que d’aller scroller sur les réseaux sociaux pendant plus de quatre heures ! », lance-t-elle. Au-delà du divertissement, le jeu peut ainsi devenir une parenthèse pour souffler, entretenir les liens sociaux et mieux affronter les tensions du quotidien, sans pour autant se substituer à une prise en charge professionnelle lorsque le stress devient persistant ou envahissant.



