La décision du Conseil constitutionnel sur l’encadrement des fonds spéciaux continue de susciter des réactions au Sénégal. Ce jeudi 15 octobre 2026, l’institution a déclaré contraire à la Constitution la loi organique adoptée par l’Assemblée nationale le 1er octobre dernier. Une décision qui a provoqué la réaction d’Amadou Bâ, secrétaire national à la Communication de Pastef.
À l’origine du texte, une proposition de loi visant à renforcer le contrôle parlementaire et à encadrer les crédits ou fonds spéciaux, à travers une modification de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) du 26 février 2020.
Après l’adoption du texte par les députés, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a saisi le Conseil constitutionnel. Celui-ci lui a donné gain de cause en jugeant la loi contraire à la Constitution.
Amadou Bâ dénonce un recul sur la transparence
Dans une réaction publiée sur ses plateformes numériques, le responsable de Pastef a vivement critiqué cette décision. « Le Président de la République enterre définitivement le Jub Jubal Jubunti », a-t-il déclaré.
Amadou Bâ affirme que le Conseil constitutionnel avait demandé de passer par la LOLF pour encadrer les fonds spéciaux. Selon lui, l’Assemblée nationale a suivi cette orientation afin de démontrer ce qu’il considère comme la mauvaise foi du gouvernement.
Le député accuse également le chef de l’État d’avoir recouru au mécanisme du vote bloqué pour empêcher l’adoption de l’encadrement souhaité. Il critique les amendements gouvernementaux présentés durant la procédure et estime que la décision du Conseil constitutionnel a validé une stratégie qu’il juge dangereuse.
Une controverse politique autour des fonds spéciaux
Amadou Bâ considère que cette décision remet en question les engagements de transparence dans la gestion des fonds spéciaux présidentiels. Il soutient que l’Assemblée nationale a, pour sa part, rempli sa mission de contrôle.
Le responsable de Pastef estime enfin que le chef de l’État ne remporte que des « victoires à la Pyrrhus », qu’il interprète comme de véritables défaites politiques.
Cette réaction illustre les tensions politiques autour du contrôle parlementaire des fonds spéciaux et de l’interprétation des règles constitutionnelles encadrant leur adoption.



