La protection des données personnelles et la maîtrise des systèmes d’identification occupent une place centrale dans l’examen du projet de loi n°21/2026 modifiant la loi instituant la carte d’identité biométrique CEDEAO.
Lors des travaux en commission, les députés ont notamment interpellé le gouvernement sur la sécurité des données des citoyens, après l’attaque informatique ayant touché la Direction de l’automatisation des fichiers (DAF).
Les parlementaires ont demandé des précisions sur la nature de cette attaque, ses éventuelles conséquences et les mesures prises pour renforcer la sécurité des systèmes d’information liés à la gestion des pièces d’identité.
Les conditions de conservation et de gestion des données ont également été au cœur des échanges, notamment dans le cadre du contrat conclu avec l’entreprise malaisienne chargée de la confection des cartes d’identité.
Le projet de loi, déjà adopté en commission, est examiné ce mardi 29 septembre 2026 en séance plénière à l’Assemblée nationale.
Vers une gestion nationale des données
Au-delà de la cybersécurité, les députés se sont interrogés sur l’avenir du dispositif après l’expiration du contrat avec l’opérateur malaisien.
Ils ont notamment questionné le gouvernement sur les capacités techniques dont dispose désormais le Sénégal pour assurer lui-même la production des cartes d’identité et des passeports, ainsi que sur la place qui pourrait être accordée aux entreprises nationales.
En réponse, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a confirmé qu’une attaque avait affecté la DAF. Il a également indiqué qu’un audit général avait été lancé afin d’évaluer le niveau de sécurité du système et de renforcer les dispositifs de protection.
Des infrastructures nationales en préparation
Le gouvernement prévoit par ailleurs de développer des infrastructures nationales destinées au stockage des données. Un datacenter doit notamment contribuer à renforcer la maîtrise des informations relatives à l’état civil, aux cartes d’identité et aux passeports.
Cette orientation traduit également la volonté d’internaliser progressivement la gestion du système de production des documents officiels.
Selon le ministre, le Sénégal compte s’appuyer davantage sur les entreprises nationales disposant des compétences nécessaires. Le gouvernement envisage notamment de faire produire les passeports directement au Sénégal.
À travers ce projet de loi, deux enjeux se dessinent : renforcer la protection des données personnelles des citoyens et accroître la capacité du Sénégal à maîtriser ses infrastructures et ses systèmes de production des documents officiels.



