Le gouvernement sénégalais prépare déjà le budget 2027 avec une priorité affichée : améliorer l’efficacité de la dépense publique tout en renforçant la mobilisation des ressources internes. L’enveloppe indicative annoncée s’élève à 2 451 milliards de FCfa, hors dépenses de personnel, service de la dette et ressources extérieures.
Les travaux préparatoires du projet de loi de finances 2027 ont été lancés mercredi à Dakar, lors d’un atelier consacré au partage et à la vulgarisation de la lettre circulaire du 30 juillet 2026.
Sur le montant annoncé, 1 470,2 milliards de FCfa seront consacrés au fonctionnement, contre 980,7 milliards destinés aux investissements.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, le directeur de cabinet Babacar Cissé a appelé à une allocation « plus stratégique » des crédits. L’objectif est notamment de mieux sélectionner les priorités afin d’obtenir davantage de résultats avec les ressources disponibles.
Le gouvernement entend également agir sur les recettes. La stratégie prévoit notamment une réadaptation de l’écosystème fiscal et douanier, ainsi qu’un renforcement des mécanismes de recouvrement et des mesures de politique fiscale.
Pour Babacar Cissé, l’amélioration du niveau de recouvrement constitue « une condition essentielle du financement des politiques publiques ».
Cette préparation intervient dans un environnement économique marqué par de nombreuses incertitudes, notamment les tensions géopolitiques, les pressions inflationnistes et le durcissement des conditions de financement. La hausse des prix des céréales et de l’énergie, la pression sur la dette publique, le ralentissement des investissements directs étrangers et les effets du changement climatique constituent également des défis pour l’économie sénégalaise.
Dans ce contexte, l’État table sur un déficit budgétaire de 4,9 % en 2027 et veut renforcer la rationalisation des dépenses. Les économies réalisées sur le fonctionnement devraient être réorientées vers les priorités nationales, conformément à la Stratégie nationale de développement 2025-2029 et à l’Agenda national de transformation « Vision Sénégal 2050 ».
Les travaux préparatoires devront ainsi permettre aux ministères et institutions de mieux définir leurs besoins, d’optimiser l’utilisation des crédits et d’anticiper les contraintes liées à l’exécution du prochain budget.



