L’année 2024 restera gravée dans les mémoires comme un moment charnière pour la démocratie sénégalaise, entre turbulences inédites et résilience. Une fièvre politique d’une intensité rare a culminé, menaçant de faire éclater le thermomètre. Tout commence par le report de l’élection présidentielle à quelques heures seulement du lancement officiel de la campagne, un événement sans précédent. S’ensuivent des accusations de corruption visant des juges constitutionnels, une passe d’armes tendue entre le Président de la République et le Conseil constitutionnel sur la date du scrutin, et, coup de théâtre final, l’élection dès le premier tour du candidat d’un opposant de premier plan, tout juste sorti de prison.
Cet enchaînement d’événements imprévus a déconcerté les Sénégalais, entachant une démocratie longtemps prise en exemple. Pourtant, 2024 n’a pas été qu’une succession de revers. Elle a également montré la capacité du système politico-électoral sénégalais à se redresser et à éviter le naufrage in extremis. Cette année tumultueuse marque ainsi la fin d’un cycle, emportant avec elle une génération de figures politiques désormais hors du jeu, trop usées par le poids des années et des pratiques dépassées.
Comme un dernier chapitre au goût amer, 2024 reste une leçon à retenir pour une démocratie qui aspire à se régénérer.



