L’Iran a considérablement accru son stock d’uranium enrichi ces derniers mois, poursuivant ainsi son escalade nucléaire malgré ses dénégations concernant ses ambitions de se doter de l’arme atomique. Selon un rapport confidentiel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) consulté par l’AFP ce mardi, le stock d’uranium enrichi de Téhéran a atteint 6 604,4 kg au 26 octobre, contre 5 751,8 kg mi-août, soit une augmentation de près de 15 % en seulement deux mois.
Ce stock représente désormais plus de 32 fois la limite fixée par l’accord international de 2015, connu sous le nom de Plan d’action global conjoint (PAGC), qui avait permis la levée partielle des sanctions économiques contre l’Iran en échange de la limitation de ses activités nucléaires. Cet accord prévoyait, entre autres, que l’Iran ne possède pas plus de 202,8 kg d’uranium enrichi à 3,67 %, une limite largement dépassée aujourd’hui.
L’augmentation de l’uranium enrichi intervient alors que les tensions entre l’Iran et les puissances mondiales, notamment les États-Unis, se sont intensifiées en raison de l’abandon progressif par Téhéran des engagements pris dans le cadre de l’accord de 2015, après le retrait unilatéral des États-Unis sous l’administration Trump en 2018. L’Iran continue de nier toute intention de se doter de l’arme nucléaire, mais cette escalade de son programme d’enrichissement alimente les inquiétudes de la communauté internationale.
L’AIEA a exprimé des préoccupations croissantes quant à la transparence de l’Iran et au respect de ses engagements en matière de non-prolifération nucléaire. Les observateurs redoutent que cette situation ne fasse dérailler les efforts diplomatiques visant à relancer un accord sur le nucléaire iranien, et qu’elle n’entraîne une nouvelle vague de sanctions ou d’actions internationales contre Téhéran.



